Plan social chez Tarkett GDL : les syndicats sauvent un tiers des emplois menacés

Tarkett

L’OGBL et le LCGB ont signé le 13 mai 2024 un plan social avec la direction de Tarkett GDL à l’issue d’âpres négociations qui ont notamment permis, grâce à l‘engagement des délégués et des syndicats, de réduire sensiblement le nombre de licenciements prévus initialement.

Le 23 avril dernier, la direction de l’entreprise avait en effet annoncé vouloir licencier 126 des 562 salariés travaillant sur son site de Clervaux et ce, malgré le fait qu’un plan de maintien dans l’emploi, tout juste homologué par le ministère du Travail, ait été conclu récemment avec les syndicats. La direction avait motivé sa décision par l’arrêt de sa ligne d’enduction 4M d’ici la fin de l’année, en raison d’une conjoncture difficile.

Dans le cadre des négociation menées avec la direction, les syndicats ont finalement pu réduire le nombre de salariés concernés par le plan social qui passe de 126 à 91. Un chiffre qui est d’ailleurs encore susceptible de diminuer sensiblement dans les semaines et mois à venir. En effet, un certain nombre de salariés concernés devrait pouvoir bénéficier d’une préretraite-ajustement, sans oublier d’éventuels départs volontaires.

Parmi les mesures négociées par les syndicats dans le cadre de ce plan social, on peut noter :

  • une garantie d’emploi jusqu’au 31 décembre 2026 pour l’ensemble des salariés restants
  • une incitation financière aux départs volontaires
  • le recours à la préretraite-ajustement (sous réserve bien évidemment d’un accord avec le ministère du Travail)
  • des indemnités extralégales (composées d’un montant fixe ainsi que de montants variables en fonction de l’ancienneté, de l’âge, de la performance et de la présence)
  • la mise en place d’un budget dédié au reclassement professionnel
  • des possibilités de formation, voire de reconversion, visant une réaffectation des salariés à l’intérieur de l’entreprise
  • une aide à la recherche d’un nouvel emploi

La direction de Tarkett s’engage également à entreprendre les démarches nécessaires afin que les salariés puissent bénéficier de l’aide au réemploi, ainsi que de l’exemption fiscale des indemnités extralégales. Les dirigeants de l’entreprise se sont en outre engagés à aider les salariés dans leurs démarches administratives.

Enfin, les syndicats et la direction vont demander à rencontrer les représentants du ministère du Travail afin de discuter de la mise en place d’un plan de préretraites-ajustement pour les années 2024 et 2025.

Les syndicats ainsi que les représentants du personnel restent évidemment à l’entière disposition des salariés pour les accompagner tout au long de la durée d’application de ce plan social.

Communiqué par l’OGBL et le LCGB,
le 14 mai 2024

 

© Foto: Editpress/Fabrizio Pizzolante

Les syndicats mettront tout en œuvre pour éviter un démantèlement social aussi brutal!

Tarkett

L’OGBL et le LCGB ont été informés le 23 avril 2024 par la direction de Tarkett GDL que l’entreprise envisage de licencier 126 des 562 salariés travaillant sur son site de Clervaux. En cause, la décision de la direction d’arrêter la ligne d’enduction 4M à la fin de l’année, de revoir à la baisse les effectifs impliqués dans la production de produits muraux et LVT ainsi que les équipes de support de ces activités opérationnelles.

L’OGBL et le LCGB ne cachent pas leur surprise et leur consternation à la suite de cette annonce, d’autant plus qu’il y a quelques semaines encore, un nouveau plan de maintien dans l’emploi a été conclu avec la direction de Tarkett GDL.

La direction de Tarkett GDL n’avait jusqu’à présent jamais évoqué de tels projets. L’OGBL et le LCGB se sentent par conséquent trahis par la direction qui n’a donc pas joué cartes sur table lors des dernières négociations.

Au vu de la gravité de la situation, l’OGBL et le LCGB ont demandé une entrevue d’urgence avec le ministre du Travail afin d’obtenir le soutien et l’accompagnement nécessaires dans le cadre de ce dossier.

Une première réunion avec la direction doit avoir lieu le 29 avril 2024 — une réunion au cours de laquelle la direction de l’entreprise est censée présenter son projet de licenciement économique. Les syndicats annoncent néanmoins qu’ils ne participeront à cette réunion qu’après avoir été reçus par le ministre.

Les syndicats, fortement soutenus par la délégation du personnel chez Tarkett GDL, mettront tout en œuvre afin de sauvegarder les emplois et les existences des salariés concernés !

Communiqué par l’OGBL et le LCGB,
le 24 avril 2024

 

© Foto: Editpress/Fabrizio Pizzolante

Renouvellement de la convention collective de travail des salariés de Chemolux

L’OGBL a récemment signé avec la direction de l’entreprise Chemolux le renouvellement de la convention collective de travail qui couvre les quelque 250 salariés travaillant sur le site de Foetz. Chemolux appartient au groupe anglais McBride et fabrique de la poudre pour lave-vaisselles.

A l’issue de longues négociations, les partenaires sociaux ont finalement abouti à un accord qui porte sur trois ans, allant du 1er janvier 2023 au 31 décembre 2025.

Voici les principales améliorations retenues dans le cadre de la nouvelle convention collective :

  • augmentation salariale de 1,5% pour tous les salariés à partir du 1er janvier 2024
  • augmentation salariale de 1% pour tous les salariés à partir du 1er janvier 2025
  • augmentation de 50 euros de la prime mensuelle « 4*8 » à partir du 1er janvier 2024, portant sa valeur mensuelle à 100 euros
  • remise à l’ensemble des salariés employés au 1er janvier 2024 d’un « bon/voucher » pour une valeur nette de 100 euros
  • modification de l’horaire mobile permettant une meilleure conciliation entre vie privée et vie professionnelle

Communiqué par le syndicat Chimie de l’OGBL,
le 13 février 2024

Grève victorieuse chez Ampacet

Le courage et la détermination des salariés d’Ampacet ont payé. Au 25e jour de grève, un accord a ainsi pu être trouvé entre l’OGBL et la direction d’Ampacet dans le conflit social qui opposait les salariés de l’entreprise à leur direction depuis mars dernier.

L’accord, signé le 21 décembre 2023, prévoit tout d’abord le rétablissement intégral des dispositions de l’ancienne convention collective, qui avait été résiliée unilatéralement par la direction il y a quelques semaines. Une résiliation qui avait constitué l’élément déclencheur du mouvement de grève dans l’entreprise. Le rétablissement des dispositions de l’ancienne convention collective constituait, dans ce contexte, une condition sine qua none en vue de la signature d’un quelconque accord avec la direction.

Mais si le rétablissement des acquis s’avérait être, certes, une condition nécessaire à un accord avec la direction, il n’était toutefois pas suffisant pour mettre un terme au conflit social en cours. Ainsi, dans le cadre de l’accord conclu avec la direction, l’OGBL a également obtenu un certain nombre d’améliorations pour les salariés, qui viennent donc s’ajouter au maintien de l’ensemble des acquis précédents.

Parmi ces améliorations, on peut citer : une revalorisation salariale substantielle, l’introduction d’une nouvelle grille salariale comprenant notamment un mécanisme d’avancement annuel quasiment automatique et le versement d’une prime unique de 600 euros en janvier 2024.

Notons que l’accord prévoit, par ailleurs, que l’employeur maintiendra le versement intégral du 13e mois.

L’accord prévoit également une garantie de paix sociale, assurant aux salariés ayant participé à la grève de ne pas faire désormais l’objet de représailles de la part de leur employeur.

A noter, enfin, que la nouvelle convention collective conclue dans le cadre de cet accord s’appliquera sur une durée de trois ans.

L’OGBL tient à saluer l’engagement, le courage et la détermination sans faille des salariés en grève chez Ampacet, qui ont mené une lutte exemplaire au cours de ces 25 jours et sans lesquels cet accord n’aurait jamais pu voir le jour.

L’OGBL remercie aussi très chaleureusement tous ceux qui ont pris l’initiative de soutenir financièrement les salariés d’Ampacet, en participant à la caisse de grève, qui avoisine désormais les 85 000 euros !

L’OGBL tient également à remercier toutes les personnes et les organisations qui d’une manière ou d’une autre ont soutenu les salariés et leur syndicat au cours de cette lutte, dont les nombreuses personnes anonymes qui se sont arrêtées quotidiennement sur le piquet de grève pour apporter de quoi réchauffer les corps et les esprits, mais aussi les musiciens qui ont organisé des concerts de soutien devant l’entreprise, les communes de Bettembourg, de Rumelange et de Dudelange qui y ont fait parvenir du bois de chauffage ainsi que les partis politiques (LSAP, déi Lénk, déi gréng et KPL) qui se sont solidarisés publiquement avec le mouvement de grève.

Du reste, l’OGBL souligne la passivité totale du gouvernement tout au long de ce conflit, alors même que le modèle social luxembourgeois y était littéralement piétiné. En effet, hormis un appel à la reprise du dialogue social, les membres du gouvernement n’ont à aucun moment jugé bon d’intervenir.

Enfin, il reste à préciser qu’avec la signature de cet accord victorieux pour l’OGBL, approuvé à l’unanimité par les salariés grévistes, la grève qui avait débuté le 27 novembre dernier chez Ampacet est officiellement levée.

Communiqué par l’OGBL,
le 21 décembre 2023

12e jour de grève chez Ampacet — La grève la plus longue depuis 1995

Aujourd’hui, le 8 décembre 2023, la grève chez Ampacet est entrée dans son 12e jour. Il s’agit de la plus longue grève au Luxembourg depuis celle des carreleurs en 1995, qui avait duré au total 28 jours. En 2018, la grève dans les maisons de soins avait quant à elle duré 11 jours.

Depuis 12 jours, la direction d’Ampacet se mure dans un silence absolu. Alors que les ministres du Travail et de l’Economie ont contacté la direction de l’entreprise ainsi que l’OGBL dans un courrier, en soulignant l’importance du dialogue social, la seule réaction de la direction a consisté à convoquer la délégation du personnel à une réunion pour parler du Plan d’organisation du travail (POT). Dans une énième tentative d’intimidation — et contrairement à ce que prévoit le Code du Travail — elle a tenté d’imposer que cette réunion se tienne sans responsable de l’OGBL. Évidemment, la délégation ne se rendra à cette réunion qu’en présence d’un responsable de l’OGBL. L’Inspection du Travail et des Mines a d’ores et déjà été avertie.

La grève s’installe désormais dans la durée. Face au silence de la direction, les grévistes ensemble avec leur syndicat, l’OGBL, ont commencé à prendre leurs dispositions en vue d’une grève plus longue. La détermination des grévistes reste absolument intacte et la solidarité demeure toujours exceptionnelle.

La cagnotte de solidarité a atteint entre-temps la somme de 25 000 euros. Des représentants des partis LSAP, déi Lénk, déi gréng et KPL ont tenu à exprimer leur solidarité envers les grévistes et se sont également rendus sur le piquet de grève pour les soutenir. Les communes de Bettembourg, Rumelange et Dudelange ont fait parvenir du bois de chauffage aux grévistes. Par solidarité, des personnes s’arrêtent également tous les jours pour ramener de quoi réchauffer les corps et les esprits. Et toute une série de musiciens ont proposé de tenir des concerts de soutien.

Face à cela, la seule réponse qu’apporte la direction consiste à appeler la police plusieurs fois par jour et à tenter de briser la grève par tous les moyens juridiques. Par ailleurs, il semblerait que l’entreprise tente désormais d’embaucher rapidement du personnel. S’il devait s’agir d’une tentative visant à remplacer les salariés grévistes, cela s’avérait évidemment totalement illégal et l’OGBL y réagirait par les moyens appropriés.

L’OGBL tient à rappeler qu’il s’agit ici d’un conflit social qui doit être résolu à la table des négociations et non devant les juridictions.

Le message de la part des grévistes est clair : « Nous serons encore là à Noël et au-delà s’il le faut ! »

Communiqué par le Comité de Grève Ampacet
le 8 décembre 2023

Les lignes de bus U desservant les usines seront maintenues!

Au cours des dernières semaines, l’OGBL a sollicité la nouvelle ministre de la Mobilité afin d’organiser une entrevue d’urgence au sujet de la suppression annoncée d’environ 13 lignes U desservant des usines, dont notamment celle de Goodyear qui emploie plus de 3500 personnes. Hélas, cette demande est restée, jusqu’à aujourd’hui, sans réponse.

Malgré le refus de la ministre de rencontrer le plus grand syndicat du pays, l’OGBL a récemment appris que les 13 lignes U en question seront finalement maintenues.

L’OGBL salue bien évidemment le maintien de ces lignes, mais il restera attentif à l’évolution de la situation. Il n’acceptera surtout aucune suppression de lignes sans qu’une alternative ne soit trouvée au préalable pour les salariés concernés.

Enfin, l’OGBL déplore le manque de communication de la part du ministère de la Mobilité au cours des dernières semaines. Dans ce contexte, l’OGBL recommande à la ministre de revoir sa politique envers le plus grand syndicat du pays — le dialogue social luxembourgeois n’est pas une voie à sens unique et repose avant tout sur la communication.

Communiqué par les syndicats Transport sur Route & Navigation/ACAL, Chimie et Transformation sur métaux de l’OGBL,
le 5 décembre 2023