Déclaration commune des syndicats représentatifs au niveau national suite au boycott du dialogue social de la part des employeurs

Les représentants des employeurs ont annoncé au ministre du Travail, à l’occasion de la réunion du Comité Permanent du Travail et de l’Emploi qui s’est tenue le 18 septembre, qu’ils refusent toute négociation nationale tripartite dans le cadre du CPTE.

Pour les syndicats représentatifs au niveau national – la CGFP, le LCGB et l’OGBL – ce boycott patronal constitue une attaque frontale inacceptable et irresponsable à l’encontre du dialogue social institutionnalisé et encadré légalement.

Il n’est pas seulement un coup bas scandaleux porté à l’encontre des droits de négociation garantis par la loi à tous les salarié(e)s. Il est également dirigé contre le gouvernement et contre son programme qui prévoit de renforcer et de renouveler le dialogue social, notamment au travers de négociations tripartites au sein du CPTE, de la promotion des conventions collectives et de l’adaptation du droit du travail afin que ce dernier puisse mieux garantir sa fonction protectrice.

Les syndicats représentatifs au niveau national n’accepteront pas la remise en question des droits de négociation syndicaux garantis par la loi.

Au regard des grands défis que posent la digitalisation du monde du travail et la nécessaire transition vers une économie et une société à faibles émissions de carbone, notre pays ne peut pas se permettre une évolution régressive en ce qui concerne les rapports sociaux et les négociations sociales. Ceux-ci doivent être au contraire revalorisés et améliorés. Ceci présuppose entre autres les réformes du droit du travail qui sont énumérées dans le programme gouvernemental.

Les syndicats tiennent à rappeler que le Luxembourg a obtenu, pendant des décennies, de très bons résultats dans l’intérêt de tout le monde à travers le dialogue social institutionnalisé. Et ils rappellent que la paix sociale constitue un bien d’une valeur inestimable qui présuppose des relations sociales intactes.

La CGFP, le LCGB et l‘OGBL garantissent au gouvernement qu’ils restent, pour leurs parts, disposés à discuter de tous les points du programme gouvernemental dans le cadre de négociations tripartites au sein du CPTE. Les syndicats enjoignent le patronat à revenir à la table de négociation du CPTE dans les plus brefs délais et sans condition préalable.

Lors d’une réunion commune qui s’est tenue le 25 septembre, la CGFP, le LCGB et l‘OGBL ont convenu:

  1. De solliciter une entrevue urgente auprès du gouvernement afin de pouvoir exposer dans le détail la position des syndicats au gouvernement.
  2. D’appeler leurs membres à un premier grand rassemblement de protestation contre l’attaque du patronat et pour un droit du travail progressiste. Ce rassemblement aura lieu le 14 novembre 2019 à 19h.
  3. De créer sans délai une plateforme d’action commune et permanente «Travail 4.0» des trois syndicats ayant pour objet : la sécurisation des parcours professionnels des salarié(e)s, les réformes nécessaires de la législation relative aux conventions collectives, la formation professionnelle continue, les plans sociaux, les plans de maintien de l’emploi, de bons contrats de travail, le droit à la déconnexion, le droit à un travail à temps partiel, etc.

Communiqué par la CGFP, le LCGB et l’OGBL le 26 septembre 2019


>> DECLARAÇÃO CONJUNTA DOS SINDICATOS REPRESENTATIVOS A NÍVEL NACIONAL NA SEQUÊNCIA DO BOICOTE DO DIÁLOGO SOCIAL PELO PATRONATO (PDF)