L’éditorial du Tageblatt du 12 mars 2026, intitulé « Luxemburg muss seine Beamten und Staatsangestellten besser schützen », dresse un tableau sans détours : les agents de la Fonction publique luxembourgeoise qui sont victimes de harcèlement moral ou de comportements abusifs de la part de leur hiérarchie se retrouvent seuls face à un système qui ne les protège pas.
Dans la Fonction publique, les agents confrontés à une situation de harcèlement moral ou de comportement abusif restent, en pratique, fortement dépendants de leur ministère de tutelle pour qu’un dossier soit réellement examiné et traité. Cette dépendance pose un problème structurel évident : lorsqu’aucune volonté d’agir n’existe à ce niveau, la situation reste souvent bloquée et aucune avancée concrète n’a lieu. L’affaire est étouffée.
Ce constat, les syndicats Service Public et Education et Sciences de l’OGBL le portent depuis des années. En novembre 2025, les résultats de deux enquêtes menées par nos deux syndicats professionnels auprès de leurs ressortissants respectifs (enseignement/autres services publics) le confirmaient avec des chiffres sans ambiguïté :
Les remontées de terrain font état d’une dégradation alarmante de la santé au travail et d’un climat de souffrance psychique généralisé. Trop souvent, les agents ayant dû s’absenter pour raison de santé sont contraints de réintégrer un environnement de travail resté identique, faute de remise en question des pratiques managériales ou de mesures disciplinaires à l’encontre des auteurs de comportements abusifs.
Une lacune légale et institutionnelle inacceptable
La loi de 2023 sur le harcèlement moral pour les salariés de droit privé prévoit la possibilité de saisir l’Inspection du Travail et des Mines (ITM), une autorité indépendante dotée de pouvoirs d’enquête et de sanction. La fonction publique, elle, en est dépourvue. Cette asymétrie est fondamentalement injuste et constitue une faille grave dans la protection des agents au Luxembourg.
À cela s’ajoute le devoir de réserve imposé aux agents, qui, dans les structures dysfonctionnelles, se transforme en instrument de silence et de soumission.
Les victimes ne peuvent pas parler sans mettre leur carrière en danger. C’est précisément pour cette raison que le syndicat Service Public de l’OGBL et le SEW/OGBL revendiquent la création d’une structure d’accueil indépendante pour les victimes de harcèlement moral — une entité dotée d’une réelle capacité d’instruction et qui ne serait pas rattachée à la chaîne hiérarchique exécutive.
Nos revendications concrètes et impératives
Le syndicat Service Public de l’OGBL et le SEW/OGBL exigent du législateur :
Le Parlement doit prendre ses responsabilités
Comme le souligne l’éditorial du Tageblatt, « la balle est dans le camp des parlementaires ». La souffrance des agents de l’État et des communes n’est pas une question abstraite de management public ; c’est une réalité humaine qui touche des milliers de personnes au Luxembourg.
Il y a urgence. Le refus persistant des responsables politiques de créer une commission d’enquête indépendante reste incompréhensible à nos yeux. Nous invitons les groupes parlementaires à prendre leurs responsabilités et à inscrire ce sujet à l’agenda législatif sans délai.
Dans un État qui se veut moderne, social et respectueux des droits fondamentaux de son personnel, il n’est tout simplement pas acceptable que des agents souffrent en silence face à un État qui regarde ailleurs.
Communiqué par les syndicats Service public et Education et Sciences de l’OGBL, le 18 mars 2026
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