Alors que l’été touche à sa fin, préparons-nous dès à présent aux prochaines canicules

L’OGBL prend acte des récentes déclarations du ministre Serge Wilmes dans des interviews à la presse luxembourgeoise. Le ministre reconnaît que les épisodes de chaleur extrême risquent de devenir plus fréquents et que le Luxembourg doit se préparer et s’adapter à ces nouvelles conditions.

Pour le département de la Fonction publique de l’OGBL, cette adaptation doit aussi concerner celles et ceux qui font fonctionner les services publics au quotidien. Les fonctionnaires, salariés et employés continuent de travailler, de soigner, d’accueillir, de transporter et d’assurer les services essentiels à la population, même lorsque les températures deviennent difficiles à supporter.

Dans les écoles, les structures d’accueil, les transports publics, les hôpitaux, les maisons de soins, les administrations de l’État, les administrations communales et les services communaux, les fortes chaleurs ont déjà produit des conséquences très concrètes sur les conditions de travail. Et ces conséquences risquent encore de s’aggraver dans les années à venir.

Cela concerne aussi bien les personnels qui travaillent à l’extérieur, notamment dans les espaces verts, la voirie, les travaux et l’entretien, les services techniques ou forestiers, que ceux qui travaillent à l’intérieur, dans des bâtiments publics insuffisamment adaptés à la chaleur.

Les écoles en sont un exemple concret. Lors d’une campagne de relevés menée par le SEW/OGBL, le 27 juin dernier, plus de 1 200 mesures de température ont été effectuées par des enseignants dans des salles de classe. La température moyenne dans les salles de classe a atteint 32,2 °C, tandis que 17 % des salles ont dépassé les 35 °C.

Face à ces situations, les instances étatiques ne prévoient pas de mesures concrètes pour assurer que le travail puisse continuer dans des conditions adaptées, mais se limitent à des recommandations et des conseils.

Pour l’OGBL, cela ne suffit plus.

La Chambre des salariés (CSL) a elle-même relevé que, face aux fortes chaleurs, les règles actuelles restent trop générales et qu’il n’existe pas de température maximale clairement définie à partir de laquelle des mesures de protection s’imposent.

Les fonctionnaires, salariés et employés ont besoin de droits et de garanties, pas de simples recommandations. Leur protection ne peut pas dépendre de décisions prises au cas par cas ou de la bonne volonté de chaque administration. Il faut des règles claires, obligatoires et applicables à tous.

Le département de la Fonction publique de l’OGBL réitère donc sa demande au ministre de la Fonction publique, Serge Wilmes, de mettre en place un cadre contraignant pour protéger les personnels du service public face aux fortes chaleurs. Ce cadre doit s’inscrire dans un véritable plan national canicule, qui dépasse le plan national actuel, qui se limite à la protection des personnes les plus vulnérables. Un tel plan devrait à nos yeux définir un cadre afin de permettre de transposer des mesures adaptées aux différents secteurs et aux administrations publiques.

Ce plan compléterait par ailleurs la Stratégie et le Plan d’action national pour l’adaptation aux effets du changement climatique 2025-2035, évoqué par le ministre lors de ces récentes interviews, qui, selon lui, permettrait de mieux réagir à l’avenir aux conséquences du réchauffement climatique et aux situations météorologiques extrêmes. Or, cette stratégie est pratiquement entièrement dépourvue de mesures prévoyant des adaptations au niveau des conditions de travail des fonctionnaires, employés et salariés.

Concrètement, il faut pouvoir adapter les horaires de travail, prévoir des pauses supplémentaires et rémunérées, garantir l’accès à l’eau et à des espaces permettant de se rafraîchir. Dans les bureaux, les locaux et les véhicules ou engins de travail exposés à de fortes chaleurs, des systèmes de climatisation doivent être disponibles et en état de fonctionner lorsque cela est nécessaire, afin que les personnes qui y travaillent toute la journée puissent exercer leur activité dans des conditions acceptables. Des tenues vestimentaires adaptées doivent également pouvoir être prévues lorsque cela est possible.

Des mesures spécifiques doivent aussi être prévues pour les personnes particulièrement exposées à la chaleur ou aux travaux physiques. Une attention particulière doit être accordée aux fonctionnaires, salariés et employés les plus vulnérables, notamment aux personnes faisant l’objet de restrictions médicales ou de recommandations particulières liées à leur santé.

Lorsque les conditions de santé et de sécurité ne peuvent plus être garanties, l’activité doit pouvoir être temporairement interrompue sans perte de revenu pour les fonctionnaires, salariés et employés concernés, à l’instar du chômage intempéries qui existe dans le secteur privé.

L’été 2026, le plus chaud jamais observé au Findel depuis 1947, doit servir de leçon : face aux fortes chaleurs, il n’est plus possible de continuer à agir au cas par cas. Il faut dès maintenant préparer les prochaines canicules.

La santé et la sécurité au travail ne peuvent pas être appréhendées de manière facultative.

Communiqué par le département de la Fonction publique de l’OGBL,
le 21 septembre 2026