Alors que les discussions autour du salaire social minimum (SSM) se poursuivent, le département des Femmes de l’OGBL souhaite attirer l’attention sur un aspect trop souvent absent du débat : l’impact disproportionné qu’une stagnation du SSM fait peser sur les femmes. Surreprésentées dans les secteurs à bas salaires comme celui du nettoyage ou du commerce, les femmes cumulent contrats précaires, horaires de travail fragmentés et temps partiels imposés. Cette précarité se poursuit également au-delà de la vie active, en condamnant ces femmes à bas revenus à finir leur vie avec une pension minimale.
Au Luxembourg, une personne sur sept vit sous le seuil de risque de pauvreté et ce taux atteint 24,1 % chez les enfants, soit un enfant sur quatre. Les familles monoparentales, majoritairement dirigées par des femmes, présentent un taux de risque de pauvreté de 31,8 %. Le maintien d’un SSM insuffisant alimente ainsi une précarité féminine structurelle, qui prive directement les enfants de conditions de vie décentes.
Dans les secteurs fortement féminisés, cette vulnérabilité s’accentue encore davantage. Le secteur du nettoyage, composé à 83 % de femmes, cumule bas salaires, contrats courts, forte pénibilité et temps partiel imposé. Le secteur du commerce présente les mêmes caractéristiques, empêchant l’accès à un revenu qui permette de vivre dignement. Le recours massif et souvent subi au temps partiel dans ces secteurs à bas salaires réduit leurs revenus sur toute leur carrière et affaiblit leur pension. Les conséquences en sont frappantes : 80 % des bénéficiaires de la pension minimale sont des femmes. Le refus du gouvernement d’augmenter la pension minimale lors de la dernière réforme fige une situation dans laquelle les femmes restent dans la précarité tout au long de leur vie, d’abord en raison de salaires trop bas, ensuite à cause de pensions insuffisantes.
Cette précarité impacte fortement la santé. Les femmes vivent en moyenne deux ans de moins en bonne santé que les hommes. Elles déclarent plus souvent un mauvais état de santé et renoncent davantage aux soins pour des raisons financières, tout en étant davantage touchées par des problèmes de santé mentale liés à leur triple charge : familiale, professionnelle et émotionnelle. L’accès aux soins dentaires illustre ces fractures : 41,4 % des familles monoparentales déclarent être incapables de faire face à une dépense dentaire imprévue. Enfin, les aides alimentaires distribuées par les offices sociaux représentent 85 % du total des aides aux ménages, signe qu’un nombre croissant de familles peinent à se nourrir correctement. Les enfants de ces foyers sont les premières victimes de cette pauvreté structurelle : repas déséquilibrés, impossibilité d’acheter des vêtements neufs ou absence d’activités extrascolaires et éducatives.
En parallèle, les femmes assument deux fois plus de travail non rémunéré, qu’il s’agisse des soins aux enfants, du soutien scolaire, de l’organisation familiale ou de l’accompagnement des personnes âgées. Ce travail essentiel au bien-être de la société renforce pourtant leur vulnérabilité financière, car elles dépendent d’un salaire minimum qui ne permet pas de vivre.
Cette réalité doit être nommée clairement : la stagnation du salaire social minimum perpétue la pauvreté des femmes au Luxembourg. Elle aggrave également le risque de violence domestique, car l’indépendance économique est l’un des outils majeurs pour en sortir, particulièrement dans un pays où la crise du logement fragilise déjà beaucoup de ménages.
Le département des Femmes de l’OGBL soutient donc la revendication d’une revalorisation immédiate et structurelle du salaire social minimum, l’augmentation de la pension minimale, l’adaptation de l’allocation de vie chère au coût de la vie, l’accès universel aux prestations de santé et des mesures efficaces contre la précarité dans le domaine du logement. Garantir un revenu digne est indispensable pour lutter contre la pauvreté des femmes, protéger les enfants et assurer une réelle égalité économique tout au long de la vie.
Communiqué par le département des Femmes de l’OGBL, le 21 avril 2026
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