L’OGBL demande au gouvernement portugais de reconsidérer sa décision de priver les émigrés d’un médecin de famille

L’OGBL, à travers son département des Immigrés, vient d’adresser une lettre au Premier ministre portugais, Luís Montenegro, à la ministre portugaise de la Santé, Ana Paula Martins, et au Secrétaire d’Etat à l’Emigration, Emídio Sousa, pour leur demander de reconsidérer la décision de priver les émigrés de l’accès à un médecin de famille au Portugal.

Dans cette lettre, l’OGBL déplore vivement la récente décision du gouvernement portugais et de l’Administration centrale du système de santé (ACSS) de priver les Portugais résidant à l’étranger de la possibilité d’être éligibles au maintien ou à l’attribution d’un médecin de famille au Portugal – mesure en vigueur depuis le 4 juillet dernier.

Dans cette lettre, l’OGBL estime que cette mesure est injuste, injustifiable et incompréhensible pour les émigrés qui, depuis de nombreuses années, contribuent par des envois de fonds à soutenir les revenus au Portugal, à renforcer la balance des paiements et à équilibrer l’économie portugaise. Les chiffres à ce sujet sont d’ailleurs éloquents. Les dernières données, datant de 2025, indiquent que les émigrés ont envoyé au Portugal 4 387,67 millions d’euros, soit une augmentation de 2,14 % par rapport à 2024. En d’autres termes, plus les émigrés envoient d’argent au Portugal, moins le gouvernement portugais souhaite dépenser, et moins il semble se soucier d’eux. Pire encore, il les « récompense » en leur retirant l’accès au médecin de famille pendant leurs vacances et les séjours qu’ils passent au Portugal, s’étonne l’OGBL dans sa lettre adressée aux responsables du gouvernement portugais.

L’OGBL interpelle également le chef du gouvernement, la ministre de la Santé et le secrétaire d’Etat à l’Emigration sur le « timing » de cette décision, qu’il juge inopportune et inadaptée. La mesure, en vigueur depuis le 4 juillet, coïncide précisément avec le pic des vacances d’été, période durant laquelle des milliers d’émigrés retournent au Portugal et peuvent avoir besoin d’une prise en charge médicale de proximité. Cette décision est d’autant plus incompréhensible qu’elle survient à un moment où le gouvernement portugais multiplie les campagnes visant à encourager les émigrés à revenir habiter au Portugal. La perte de droits fondamentaux en matière de santé sape la confiance des émigrés envers leur pays d’origine et constitue un obstacle supplémentaire pour ceux qui envisagent de revenir vivre au Portugal. Il convient de souligner que de nombreux émigrés portugais, notamment ceux qui vivent en Europe, dont ceux qui vivent au Luxembourg, préfèrent souvent consulter un médecin au Portugal plutôt que dans leur pays de résidence, non seulement parce qu’ils s’expriment mieux dans leur propre langue, surtout lorsqu’il s’agit de sujets délicats comme la santé, mais aussi par souci de proximité avec celui qui est leur médecin de famille depuis des années.

L’OGBL s’interroge également sur la conformité de cette mesure avec le principe d’égalité et le droit à la protection de la santé consacrés par la Constitution de la République portugaise.

Le département des Immigrés de l’OGBL souligne que cette mesure entraînera des problèmes logistiques et financiers inutiles pour les émigrés. En perdant leur affiliation directe auprès d’un médecin de famille, les émigrés en vacances ou en déplacement au Portugal devront désormais payer leurs soins de santé de leur poche ou utiliser la carte européenne, ce qui les obligera à faire face à des procédures de remboursement complexes et fastidieuses dans leurs pays de résidence respectifs.

Dans la lettre adressée au Premier ministre, à la ministre de la Santé et au secrétaire d’Etat à l’Emigration, l’OGBL dénonce également le fait que les expatriés soient utilisés comme bouc émissaire pour résoudre « comme par magie » un problème structurel du secteur de la Santé au Portugal. En excluant des dizaines de milliers d’émigrés des listes des médecins de famille, le gouvernement et la ministre de la Santé espèrent, en vain, améliorer le ratio de patients par médecin attitré, sans pour autant résoudre la pénurie structurelle de professionnels. L’OGBL rappelle au Premier ministre et à la ministre de la Santé qu’il faut s’attaquer à la cause profonde du problème et non au symptôme : la pénurie de médecins au Portugal résulte de l’incapacité du Service national de santé (SNS) à retenir les professionnels dans le pays, mais elle est également due au désinvestissement constant dans ce secteur depuis plusieurs années, et non au fait de comptabiliser les citoyens émigrés qui conservent des liens avec leur pays d’origine.

Par ailleurs, le département des Immigrés de l’OGBL déplore que cette mesure ait été prise de manière soudaine et unilatérale, sans consultation préalable du Conseil des communautés portugaises ni des entités et mouvements associatifs qui représentent et défendent les intérêts de la communauté portugaise à l’étranger, comme c’est notamment le cas de l’OGBL au Grand-Duché depuis près de 50 ans. L’OGBL rappelle au Premier ministre, à la ministre de la Santé et au secrétaire d’État à l’Emigration que l’OGBL est l’organisation luxembourgeoise qui regroupe le plus grand nombre de Portugais au Grand-Duché, avec plus de 10 000 membres portugais et/ou d’origine portugaise.

L’OGBL conclut sa lettre adressée au gouvernement en demandant à celui-ci de reconsidérer cette mesure injuste et de continuer à permettre aux émigrés portugais d’avoir, comme jusqu’à présent, accès à un médecin de famille au Portugal.

Communiqué par le département des Immigrés de l’OGBL,
le 10 août 2026