Le 9 mai, un jour férié pour qui ?

Le 9 mai est devenu un jour férié au Luxembourg en 2019. On y célèbre la Journée de l’Europe, en référence à la déclaration de Robert Schuman, prononcée le 9 mai 1950, qui est considérée comme étant le texte fondateur de la construction européenne. L’introduction de ce nouveau jour férié avait été placée sous le signe du progrès social, censé offrir aux salariés davantage de temps pour leurs vies et leurs familles.

L’OGBL et le LCGB constatent toutefois avec consternation que les communes, les entreprises ainsi que le gouvernement ne semblent manifestement plus tenir compte des objectifs poursuivis initialement. Alors que la nouvelle loi du 19 décembre 2025 sur les heures d’ouverture des commerces — et donc la libéralisation quasi totale de celles-ci — n’entre en vigueur que le 18 juin 2026, le gouvernement a autorisé l’ensemble des communes à bénéficier d’une dérogation pour que les commerces puissent ouvrir leurs portes le 9 mai 2026.

Avec cette décision, le gouvernement, les communes et les entreprises concernées tournent une nouvelle fois le dos aux salariés du secteur du commerce et leur enlèvent ainsi l’un des derniers véritables jours fériés de l’année. Avec cette politique, guidée par une soi-disant volonté de « modernisation », le gouvernement est en train de dénaturer la signification même de ce qu’est un « jour férié ».

L’OGBL et le LCGB dénoncent vivement ces dérogations octroyées à la veille de l’entrée en vigueur d’une nouvelle loi qui va déjà venir restreindre les droits des salariés et qui anticipent et aggravent donc la situation à venir. Les salariés du commerce, confrontés dans une large mesure à des conditions de travail précaires, de bas salaires, des temps partiels imposés et une flexibilité maximale, continuent à être traités comme des salariés de seconde classe.

L’argument selon lequel les salariés tireraient un bénéfice de cette situation grâce aux majorations pour jour férié est tout simplement absurde et hypocrite : si le gouvernement ou les employeurs se souciaient réellement du pouvoir d’achat des salariés, c’est une augmentation du salaire social minimum qui devrait être entreprise. Or, le gouvernement s’y refuse. Ce qui est visé ici n’est donc qu’une pure recherche de profit supplémentaire au bénéfice des seules entreprises.

Il convient également de rappeler que ni les salariés, ni les employeurs, ni les clients n’expriment le besoin d’étendre les heures d’ouverture actuelles et que la pression concurrentielle dans le commerce va entrainer une spirale sans fin d’allongement des heures d’ouverture — au détriment des salariés.

L’OGBL et le LCGB continuent de s’opposer fermement à la libéralisation des horaires d’ouverture dans le commerce.

Dans le cadre du 9 mai, ainsi que des autres jours fériés au mois de mai, l’OGBL et le LCGB appellent au respect du droit aux jours fériés des salariés et demandent qu’aucune dérogation supplémentaire ne soit plus accordée. Si les prochains jours fériés devaient également se transformer en « jours fériés ouverts », des actions syndicales appropriées, y compris au cours des jours fériés, seraient envisagées.

Communiqué par l’OGBL et le LCGB,
le 8 mai 2026