11 juin 2013

Le SEW demande une remise en question générale de la réforme de la formation professionnelle et une réévaluation de la formation du technicien

Devant les problèmes qui continuent de s’accumuler dans la formation professionnelle réformée et tout particulièrement au niveau de la formation du technicien, le SEW fait les constatations suivantes :

  • Le nouveau diplôme de technicien se trouve fortement dévalorisé par rapport à l’ancien (élimination de l’accès automatique aux études supérieures, détérioration des compétences en langues et en mathématiques, contenus didactiques dégradés des modules professionnels).
  • Les passerelles vers le régime technique deviennent quasiment impraticables sauf à accepter une perte sèche de deux années d’études (seulement la réussite d’une classe de 13e du régime de technicien permet une admission conditionnelle en 12e régime technique).
    Cette situation risque d’empirer avec le projet de réforme du lycée qui prévoit de sortir la formation professionnelle du nouvel enseignement dit général (actuel EST).
  • L’organisation modulaire crée plus de problèmes qu’elle n’en résout. Faute de personnel, de locaux et de leçons disponibles dans l’horaire, les lycées techniques ne peuvent offrir les rattrapages dont les élèves auraient besoin. Voilà pourquoi ceux-ci traînent derrière eux des lacunes qui s’accumulent et qu’ils n’arriveront plus à combler.
  • Le passage obligé par des modules préparatoires pour pouvoir accéder aux études supérieures va barrer l’accès aux études post-secondaires à de nombreux futurs techniciens.
    Alors que toutes les études nationales et internationales montrent que la grande majorité des emplois futurs se situe au niveau Bac+, le MENFP s’engage, sur le dos de milliers d’élèves, dans une direction diamétralement opposée.

Devant l’immobilisme des responsables de la formation professionnelle, le SEW a décidé de porter ses revendications devant le grand public.

  • Les contenus des modules de la formation du technicien doivent être revalorisés (acquisition d’un niveau linguistique adéquat, réintroduction d’un cours de mathématique de base, retour sur un enseignement professionnel interdisciplinaire et progressif) et les objectifs primaires de cette formation doivent être redéfinis dans le sens d’un accès automatique aux études supérieures sans passer par des modules préparatoires ;
  • La loi portant réforme de la formation professionnelle doit être revue de fond en comble, en intégrant dans cette révision l’enseignement par modules et l’évaluation par compétences ;
  • La formation professionnelle ne doit pas redevenir un enseignement à part, à côté de l’ESC (enseignement secondaire classique) et de l’ESG (enseignement secondaire général), tel que cela est prévu dans le projet de réforme du lycée. Le SEW refuse ce retour en arrière, qui nous ferait revenir au ghetto de l’ancienne « École professionnelle » d’avant la loi de 1979.

La formation professionnelle doit continuer à faire partie intégrante de l’EST.

Luxembourg, le 11 juin 2013

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