Aktuell #1 – 2024

L’OGBL fait part de ses inquiétudes et doléances à la nouvelle ministre de l’Enseignement Supérieur et de la Recherche

Une délégation du département Enseignement supérieur et recherche du SEW/OGBL, seul syndicat représenté au sein du secteur, a rencontré récemment la nouvelle ministre de la Recherche et de l’Enseignement supérieur dans le cadre d’un échange de vues portant sur l’accord de coalition ainsi que sur les positions de l’OGBL. La délégation de l’OGBL, composée de secrétaires de négociation et de délégués OGBL de l’Université du Luxembourg et des Centres de recherche publics, a mis l’accent sur les enjeux liés aux conditions de travail et de rémunérations du personnel du secteur.

Un thème crucial notamment ne figure plus dans le nouvel accord de coalition du gouvernement entrant, à savoir la lutte contre la précarité des chercheurs. L’OGBL s’inquiète de ce recul et s’interroge sur la volonté du gouvernement de mettre tout en œuvre pour soutenir les métiers de l’enseignement supérieur et de la recherche. En effet, l’OGBL craint une perte grandissante de l’attractivité de la recherche luxembourgeoise. Malgré le travail conséquent de l’OGBL, qui a permis de couvrir désormais la quasi-totalité du personnel de l’enseignement supérieur et de la recherche publics par des conventions collectives, le syndicat souligne néanmoins que ces conventions ne permettent pas de rattraper l’écart salarial avec la Fonction publique ou même avec les personnels des hôpitaux dont les grilles de salaires dans les conventions collectives respectives (FHL et SAS) prévoient un parallélisme avec celles de la Fonction publique.

La marge de manœuvre dans le cadre des négociations des différentes conventions collectives du secteur de l’enseignement supérieur et de la recherche est de plus en plus restreinte du fait que la dotation de l’Etat n’est pas adaptée à l’inflation. Les représentants du ministère ont, dans ce contexte, souligné la volonté du gouvernement de maintenir un haut niveau d’investissement dans le secteur, tout en rappelant que le Luxembourg reste un pays très attractif pour les travailleurs internationaux, y compris les chercheurs. Ils n’ont pas exclu une révision à la hausse des dotations budgétaires dans le cadre des prochaines conventions pluriannuelles.

L’OGBL souligne toutefois qu’avec la part de CDD qui reste très élevée, souvent sans perspective d’accéder à un contrat permanent, et les coûts exorbitants des logements au Luxembourg, les chercheurs internationaux font face à un grand problème de précarité. Le syndicat encourage le ministère à tenir compte de ces éléments afin de lutter contre ces phénomènes qui s’accentuent.

L’OGBL a eu également l’opportunité d’exposer à la ministre son constat inquiétant émanant du terrain concernant la charge de travail grandissante et la pression de la performance auxquelles sont confrontés les enseignants, les chercheurs et les personnels de support. Les représentants du ministère ont exprimé leur volonté de revoir les indicateurs du contrat de performance en mettant l’accent sur l’impact socio-économique durable de la recherche et pas uniquement sur le nombre de publications rédigées ou de brevets déposés. L’OGBL, qui salue la position du ministère, a par ailleurs rappelé lors de cet échange que les délégations du personnel devraient être consultées par les directions des instituts en amont de la négociation de la convention pluriannuelle avec le ministère, étant donné que ces indicateurs ont un impact direct sur les conditions de travail du personnel.

L’OGBL a également abordé la question du développement des infrastructures, et notamment l’absence d’indications dans l’accord de coalition sur le regroupement du LIH dans un seul bâtiment. Les représentants du ministère ont affirmé que ce projet est toujours en cours et devrait être réalisé à l’horizon 2030.

D’autres demandes portant sur des thèmes importants ont également fait l’objet de cette rencontre, notamment en ce qui concerne les limitations persistantes en matière d’accès au télétravail — le nouvel accord-cadre européen n’étant pas appliqué dans le secteur — la question du statut des chercheurs sans doctorat à l’Université (« R&D specialists »), l’impact de l’intelligence artificielle sur les conditions de travail, ou encore l’adaptation des indemnités pour les vacataires de l’Université qui n’ont pas été adaptées à l’inflation depuis plus de 10 ans.

L’entrevue a été marquée par un dialogue ouvert. L’OGBL attend désormais avec impatience la mise en œuvre des différentes pistes évoquées qui, espérons-le, rencontrera les attentes et les besoins du personnel du secteur.

Communiqué par le département Enseignement supérieur et recherche du SEW/OGBL,
le 12 février 2024

Des avancées notables pour le personnel du LISER

Après plus d’un an de longues négociations, l’OGBL, seul syndicat représenté au sein de la délégation du personnel du Luxembourg Institute of Socio-Economic Research (LISER), et la direction de l’établissement ont signé le 22 janvier 2024 le renouvellement de l’accord collectif de travail (ACT) qui couvre quelque 180 salariés. A noter que l’ACT est un accord subordonné de la convention-cadre des centres de recherche publics.

Le nouvel accord est signé pour une durée de 3 ans (du 1er janvier 2024 au 31 décembre 2026), et compte une série d’améliorations notables :

  • l’augmentation des chèques-repas passant de 8,40 euros à 10,80 euros ainsi que la désolidarisation de ces chèques-repas de la prime pour performance collective. En effet, l’accord précédant prévoyait que la part garantie de cette prime soit versée en chèques-repas. A présent ces deux éléments sont complétement indépendants l’un de l’autre ;
  • l’augmentation significative dès janvier 2024 des salaires des doctorants, prévoyant une progression salariale ;
  • la révision de la cartographie des carrières et des fourchettes salariales par carrières et grades, incluant notamment une augmentation des maxima potentiellement atteignables pour l’ensemble des carrières, ainsi qu’une fusion des anciennes carrières B1 et B2 en une carrière, en respectant le principe de l’alignement à la fourchette la plus favorable ;
  • une prime unique à la signature sous forme d’une demi-journée de congé supplémentaire pour l’année 2024 ainsi que la possibilité de bénéficier de cette demi-journée les années suivantes en fonction de l’atteinte des objectifs de performance collective du LISER ;
  • l’alignement au salaire social minimum qualifié garanti après 10 ans d’ancienneté pour les salariés au grade 1 des carrières C (support à la recherche) ;
  • une communication de la grille de salaires dans les offres d’embauches ;
  • la garantie du principe de non-discrimination de manière sensible au genre dans toute commission ou tout organe du Centre ;
  • des clarifications de texte concernant le télétravail, les règles relatives à l’horaire mobile, et les comités de positionnement du personnel dans les carrières et grades ;
  • l’introduction d’un article sur le respect du droit à la déconnexion ;
  • l’augmentation du budget anciennement alloué à la mobilité durable (M-Pass) passant de 5000 euros à 6000 euros par an au bénéfice d’une nouvelle politique de mobilité douce et de bien-être au travail, prévoyant des actions et des mesures concrètes.

L’OGBL remercie chaleureusement le personnel du LISER pour son soutien tout au long des négociations

Communiqué par le département Enseignement supérieur et Recherche du syndicat Education et Sciences (SEW) de l’OGBL, le 23 janvier 2024

Une approche scientifique qui ignore l’étude PISA ?

La divulgation des derniers résultats de l’étude PISA ramène à nouveau son lot d’analyses et d’explications, mais aussi d’adaptations, de solutions et de nouvelles réformes. Si les premiers et médiocres résultats avaient eu un effet choc, entre-temps, ces derniers sont accueillis dans une indifférence croissante de la population. En première ligne, les enseignants anticipaient ces scores en chute libre et ont vu avec résignation les réformes et contre-réformes se profiler, sans pour autant que le problème ne soit pris à la racine.

L’accord de coalition qui trace la politique éducative pour les prochaines années reste dans la mouvance néolibérale, utilisant une interprétation très spécifique de l’accompagnement scientifique évoqué. Cette approche ignore complètement les causes des résultats de l’étude PISA (ou des autres études d’ailleurs), et évite de poser les bonnes questions. Pourtant, d’autres pays semblent choisir une voie différente.

En France, le fraîchement promulgué ministre de l’Education a choisi de revenir aux fondamentaux : revoir et simplifier les programmes en primaire et labelliser les manuels, réinstaurer le redoublement, conditionner le passage au collège, promulguer les groupes de niveaux, mettre fin au correctif académique pour les notes du baccalauréat — ces solutions se lisent comme un tournant conservateur. Le tout est agrémenté par l’utilisation de l’IA pour les élèves en difficulté et plusieurs autres mesures dans le vent pour bien démontrer qu’on est en route vers le 21e siècle et non de retour au 19e

Le ministre français veut un retour de l’exigence à l’école, de ce côté de la frontière, les enseignants luxembourgeois sont incrédules : est-on encore en droit d’exiger à l’école ?

L’académie française définit « exiger » comme « contrainte à laquelle on doit se plier » et/ou « ce qu’un individu, un groupe, une collectivité exige ou attend d’autrui ». Le concept d’exigence ne saurait donc fonctionner qu’avec une autorité en droit de formuler cette exigence. Or au Luxembourg, les réformes de la dernière décennie ont privé peu à peu l’école de cette autorité.

En effet et indépendamment des évolutions sociétales, le choix politique a fait évoluer depuis la réforme de 2009, les « instituteurs » (historiquement porteurs d’autorité) ainsi que les enseignants du secondaire en « agents de la fonction publique dans le cadre de l’enseignement » et ce, à des fins de gouvernance. De fait, sous cet angle managérial, l’implémentation d’un changement s’effectue plus facilement dans un contexte fortement hiérarchisé qui relègue le travailleur au contact de la matière première à un simple exécutant. Se basant sur des théories organisationnelles néolibérales, la production doit s’adapter aux vœux et souhaits des consommateurs, de nombreux experts internes et externes et audits divers encadrant le processus.

L’école luxembourgeoise a vu foisonner en très peu de temps une multitude d’experts, d’institutions autour et d’audits externes réalisant un nombre incalculable d’évaluations (la seule chose échappant aux évaluations étant la réforme elle-même). Énormément de concepts parallèles et redondants sont développés et des propositions d’amélioration à la chaîne arrivent dans les écoles, sans veiller à leur possible implémentation. D’autre part, un droit d’implication des parents dans de nombreux domaines (allongement de cycle, amendement du PDS, propositions CI, encadrement CC, …) a été instauré par la loi. Le cumul des deux facteurs engendre une décrédibilisation complète de l’expert de terrain, tout en lui laissant par contre l’entière responsabilité. Cette érosion voulue de l’autorité à l’école et de l’école et la permissivité imposée (au lieu de l’exigence) fait courir un risque à notre société, et commence d’ailleurs à avoir des répercussions sur les forces de l’ordre et la magistrature.

Exigence, excellence, goût de l’effort, du travail bien fait, rigueur, conséquence, tous ces concepts (ces valeurs, même) ne collent plus ni à l’image de l’école fondamentale publique ni à l’image des lycées publics du Luxembourg, telles dépeintes par la politique actuelle.

Pour des parents exigeants exigeant une école exigeante, la création des écoles publiques « internationales » offre une alternative apparemment intéressante ; les mieux lotis pouvant par ailleurs miser sur les écoles privées, soutenues et souvent même subventionnées par le ministère.

Or, tout bon enseignant se doit d’être exigeant avec ses élèves, condition obligatoire pour amener ces derniers au summum de leurs capacités. Cependant, la tendance actuelle dans l’éducation nationale luxembourgeoise à prioriser le vivre-ensemble (coûte que coûte) sur la transmission du savoir (qui n’exclut en rien le vivre-ensemble) tout en exigeant (!) de l’école d’augmenter son efficacité et les performances des élèves impose aux enseignants de solutionner la quadrature du cercle — la vague de burn-out qui submerge ceux qui ont choisi de rester au contact des élèves en dit long sur la faisabilité de cette mission (impossible).

Allons-nous au Luxembourg attendre les résultats de la prochaine étude pour remettre les apprentissages au centre de l’école ? Ou ces résultats sonneront-ils enfin le glas de la mort programmée de l’école publique, laquelle sera alors démantelée et privatisée pour d’obscures raisons d’efficacité qui ne cachent que bien mal la monétarisation de l’éducation sur le modèle anglo-saxon ?

L’accord de coalition tait les vrais enjeux et continue le travail de sape de l’école publique, maniant le bâton et la carotte tout en augmentant sournoisement la pression sur l’école. Celle-ci se retrouve dans l’impossibilité d’accomplir sa mission première, peu à peu reléguée au second plan. Refuser l’autorité à l’école n’est nullement une avancée démocratique, mais plutôt la voie tracée vers l’autoritarisme — phénomène dont on chargera sans doute à nouveau l’école de lutter efficacement contre et sans autorité.

Communiqué par le syndicat Education et Sciences (SEW) de l’OGBL,
le 8 janvier 2024

De meilleures conditions de travail et des revalorisations salariales pour l’ensemble du personnel de l’établissement scolaire Vauban !

L’OGBL et le Conseil d’administration de Vauban, Ecole et Lycée français de Luxembourg, ont signé récemment le renouvellement de la convention collective de travail qui couvre les quelque 330 salariés de cet établissement d’enseignement.

Cette nouvelle convention collective, qui offre de nouvelles mesures d’équité, des améliorations en matière de conditions de travail et des revalorisations salariales impactant l’ensemble du personnel, a été négociée pour une durée de trois ans.

L’histoire de la convention collective de Vauban débute en 2005. A l’époque, elle couvrait uniquement le personnel du Lycée Vauban. Après la fusion, en 2017, de l’Ecole Française de Luxembourg (EFL ; enseignement primaire) et du Lycée Vauban, la convention collective a été élargie pour s’étendre à l’ensemble du personnel des deux entités à présent réunies. Cet accord, signé en septembre 2019, fut le fruit de négociations difficiles et laborieuses reflétant à l’époque un compromis entre les revendications de l’employeur et celles de l’OGBL. En septembre 2022 ont alors commencé des négociations en vue du renouvellement de cette convention collective dans un climat constructif entre partenaires sociaux.

Ces négociations ont permis de s’accorder sur des améliorations considérables portant, d’une part sur les conditions de travail et, d’autre part sur les salaires, incluant notamment :

  • une augmentation du taux d’avancement salarial annuel qui passe à 2,1% pour tout le personnel (précédemment, le taux était de 2% pour les salaires allant jusqu’à 4000 euros brut mensuel, de 1,8% pour les salaires compris entre 4001 et 5500 euros brut mensuel et de 1,6% pour les salaires supérieurs)
  • une équité salariale entre le personnel enseignant du primaire détenteur du CAPE (et diplômes équivalents) et le personnel enseignant du secondaire détenteur du CAPES, placés au même niveau dans la grille salariale
  • la création d’une grille d’embauche pour le personnel administratif, technique et d’encadrement prévoyant des fourchettes en fonction du poste à pourvoir et du niveau de séniorité, ainsi qu’un repositionnement dans cette grille du personnel en place
  • une augmentation du nombre de jours de congé conventionnels pour le personnel administratif, technique et d’encadrement des élèves en fonction de leurs postes respectifs
  • des revalorisations des indemnités pour les enseignants du secondaire et du primaire, et l’introduction d’une indemnité pour missions particulières pour l’ensemble du personnel
  • une valorisation salariale en fin de carrière, prévoyant une augmentation de 2,1% du salaire à l’âge de 55 ans
  • une revalorisation de l’ancienneté à l’embauche, passant d’une prise en compte des années d’ancienneté antérieures à Vauban de 2/3 à 1/1 pour un poste à fonction équivalente, et de zéro à 2/3 pour un poste sans fonction équivalente
  • une diminution de la période de référence du personnel administratif, technique et d’encadrement des élèves passant d’un an à 4 mois
  • l’intégration dans le texte de la convention collective du principe de mobilité interne
  • la mise en place d’un groupe de suivi concernant l’élaboration d’une cartographie des fonctions.

L’OGBL salue la volonté de la direction de Vauban, Ecole et Lycée français de Luxembourg, de reconnaître et de valoriser le travail et les compétences de son personnel. Le syndicat remercie également les salariés pour leur soutien et leur engagement tout au long des négociations.

Communiqué par le département Ecoles privées du syndicat Education et Sciences (SEW) de l’OGBL, 
le 4 janvier 2024

Lettre ouverte du SEW/OGBL, du Landesverband et de l’AMELUX au CSV et au DP dans le cadre des négociations de coalition

Luxembourg, le 19 octobre 2023

Chères, chers représentant.e.s du CSV et du DP,

Par la présente, nous nous permettons d’attirer votre attention sur quelques revendications essentielles du SEW/OGBL, du Landesverband et de l’AMELUX en matière de politique d’éducation et vous demandons de les intégrer dans les négociations de coalition.

Comme le groupe de travail sur la politique de l’éducation doit malheureusement se tenir sans consultation des associations professionnelles concernées, nous vous prions d’écouter au moins de cette manière les préoccupations du personnel enseignant.

Nous souhaitons attirer votre attention sur les points suivants :

  • Le multilinguisme constitue un obstacle insurmontable pour un nombre croissant d’élèves. Au lieu d’analyser et de repenser l’enseignement des langues dans sa globalité, du cycle 1 à la 1ère, l’alphabétisation en français a été lancée comme projet pilote. A nos yeux, cette mesure isolée ne va pas assez loin. Le SEW/OGBL demande un concept cohérent pour l’enseignement des langues, et ce dès l’accueil des enfants jusqu’à la fin du secondaire. Une pondération des langues ainsi qu’une flexibilisation de l’enseignement des langues doivent offrir plus de chances éducatives.
  • Le SEW/OGBL met en garde contre la création de systèmes scolaires parallèles afin de lutter contre l’injustice en matière d’éducation. Actuellement, avec les écoles européennes publiques et leurs différentes sections linguistiques, ainsi qu’avec la Primary School du Lycée Michel Lucius, qui propose le système britannique, et l’alphabétisation en français et en allemand dans l’école ordinaire, six systèmes scolaires différents existent dès l’école fondamentale. Dans l’enseignement secondaire, cette fragmentation est encore plus poussée. Le SEW/OGBL met en garde contre les conséquences de cette fragmentation du paysage éducatif, car elle profite surtout aux familles socialement favorisées et tend à aggraver les injustices éducatives au lieu de les atténuer. Le SEW/OGBL demande plutôt de repenser le modèle actuel de plurilinguisme de l’école publique ordinaire sur la base d’une analyse critique. Une école publique commune nous semble indispensable à la cohésion sociale et à l’intégration. Nous demandons donc que l’école publique ordinaire soit renforcée afin que chaque élève, quelle que soit son origine, y trouve sa place.
  • Le SEW/OGBL demande que le ministère de l’Education nationale luxembourgeois s’engage au niveau européen à introduire dans les écoles européennes publiques une section adaptée aux besoins spécifiques de notre pays. Cette section donnerait la priorité à l’apprentissage du français, de l’allemand et du luxembourgeois et permettrait ainsi des “passerelles” vers le système scolaire traditionnel. On offrirait ainsi un maximum de possibilités de formation aux élèves qui ne peuvent pas satisfaire aux exigences de performance des écoles européennes. Une telle section devrait également être proposée en priorité dans toutes les écoles européennes publiques afin de promouvoir l’intégration et la cohésion sociale.
  • La législation nationale doit également être respectée dans les écoles européennes publiques. De nombreuses directions d’écoles européennes publiques interprètent leur statut d’école européenne accréditée comme un laissez-passer leur permettant de contourner les lois nationales. Cet abus va des heures supplémentaires non payées pendant le stage jusqu’à au recours régulier à des personnels enseignants insuffisamment diplômés dans l’enseignement secondaire. En raison du fait que les écoles fondamentales et secondaires relèvent de la même direction, il arrive également que des enseignants titulaires d’un master soient recrutés dans la catégorie salariale A2 pour enseigner dans les écoles secondaires, sans que leur catégorie salariale soit adaptée au travail effectué.
  • Le Luxembourg s’est engagé sur la voie de l‘inclusion en signant la convention correspondante de l’ONU. De nombreux enseignantes et enseignants se plaignent toutefois de ne pas pouvoir faire face à l’hétérogénéité dans les salles de classe. Les ressources nécessaires manquent dans les écoles, alors que la charge de travail liée aux procédures est énorme. En tant que SEW/OGBL, nous demandons une simplification de la procédure afin que les élèves puissent bénéficier plus rapidement de mesures d’encouragement et de soutien. Nous avons besoin d’une équipe pluridisciplinaire dans les écoles afin de pouvoir réagir efficacement et rapidement.
  • Le deuxième rapport sur l’éducation a une fois de plus clairement montré que l’origine sociale détermine de manière décisive les chances éducatives des élèves. Aucune des mesures prises jusqu’à présent n’a pu enrayer cette tendance. Pour pouvoir garantir de meilleures chances éducatives, il faut disposer des ressources nécessaires. En tant que SEW/OGBL, nous demandons que le “contingent” soit adapté vers le haut, afin de mieux tenir compte de l’hétérogénéité dans les classes. Les écoles à faible statut socio-économique doivent être systématiquement soutenues afin d’éviter que l’écart social ne se creuse davantage.
  • Le SEW/OGBL demande en outre une révision de la réforme du “cycle inférieur” dans l’ESG.
  • Les critères de promotion doivent être plus compréhensibles et donc plus transparents pour les élèves.
  • Au niveau national, nous demandons une différenciation externe obligatoire pour les “cours de base” et les “cours avancés”.
  • Pour les “cours de base” et les “cours avancés”, il faut définir des exigences minimales que les élèves doivent atteindre pour pouvoir progresser. Il s’agit ainsi d’éviter que les élèves de la 7ème jusqu’à la 5ème soient automatiquement promus malgré leurs énormes retards d’apprentissage, mais qu’ils se voient ensuite refuser l’accès à de nombreuses sections à la fin de la 5ème à cause de ces mêmes retards d’apprentissage qu’ils ont accumulés.
  • Le SEW/OGBL continue de s’opposer à la prolongation de la scolarité obligatoire à 18 ans. Les causes de l’abandon scolaire prématuré doivent être combattues bien plus tôt dans le parcours scolaire par des mesures préventives, comme par exemple un “contingent” revu à la hausse dans les écoles fondamentales et des classes plus petites dans les écoles secondaires, ainsi que par la suppression des obstacles administratifs en ce qui concerne les mesures de soutien spécifiques que les élèves concernés reçoivent souvent trop tard.
  • Le SEW/OGBL revendique en outre la gratuité du matériel de travail pour les élèves en formation professionnelle ainsi que la gratuité des copies pour les élèves de l’ensemble de l’enseignement secondaire.
  • La formation professionnelle doit être revalorisée et le cycle inférieur de l’enseignement secondaire doit être prolongé d’une année dans l’ESG, comme c’est le cas depuis longtemps dans l’ESC. Le DAP doit faire l’objet d’une revalorisation nominale et s’appeler désormais “Première professionnelle” et donner accès au brevet de maîtrise, qui doit être porté au niveau 6 du cadre national des certifications. La rémunération des apprenti.e.s doit être harmonisée et correspondre avant le PII à au moins 80% du salaire minimum non qualifié et après le PII à au moins 100% du salaire minimum non qualifié.
  • Les chargés d’enseignement, appelés “chargés de cours“, ont fourni un travail précieux par le passé. Malgré cela, nombre d’entre eux se retrouvent dans une situation précaire en raison de la juxtaposition de contrats de travail à durée déterminée (CDD). Le SEW/OGBL revendique avec le Landesverband que les chargés de cours se voient proposer automatiquement un contrat de travail à durée indéterminée (CDI) après le deuxième contrat de travail à durée déterminée, conformément à la loi du travail. De plus, nous demandons que les chargés d’enseignement bénéficient également de ce que l’on appelle la “décharge d’âge”. Dans le fondamental, ils doivent en outre avoir la possibilité de suivre la formation d’enseignant en cours d’emploi. Nous demandons en outre une meilleure protection contre le licenciement pour les chargés de cours.
  • Pour les enseignants du secondaire à temps partiel, le SEW/OGBL demande une révision de la procédure de mutation. Les enseignants à temps partiel devraient à l’avenir avoir les mêmes droits à la mutation que les enseignants à temps plein. Cela renforcerait l’égalité des chances, étant donné que davantage de femmes enseignantes travaillent à temps partiel.
  • Le coefficient de correction de 36/52 sur les heures supplémentaires doit être supprimé. Les heures supplémentaires effectuées tout au long de l’année en raison d’une pénurie d’enseignants doivent être payées au même titre que les heures d’enseignement normales.
  • Le gouvernement précédent a promis de développer l’apprentissage à un niveau de formation supérieure au Luxembourg. Le SEW/OGBL salue le principe de cette mesure, mais souhaite être intégré dans les discussions à ce sujet. De manière générale, il faut veiller à ce que les diplômes à créer soient reconnus tant au niveau national qu’international. Par ailleurs, il existe également des possibilités d’amélioration au niveau du BTS, ainsi le SEW/OGBL se prononce pour un “régime concomitant” également à ce niveau.
  • Ces dernières années, les investissements dans l’enseignement supérieur et la recherche ont ralenti par rapport aux années précédentes et sont désormais nettement inférieurs à l’évolution des prix. Le SEW/OGBL demande que la dotation budgétaire évolue au moins en tenant compte de l’inflation. Les plans quadriennaux existants de l’université et des centres de recherche publics doivent être corrigés dans ce sens lors de la prochaine “mid-term review”.
  • Dans le dernier accord de coalition, le gouvernement précédent annonçait son intention de lutter contre la précarité, notamment chez les jeunes chercheurs. C’est le contraire qui s’est produit, le pourcentage de contrats à durée déterminée a même augmenté par rapport à celui des contrats à durée indéterminée. Le SEW/OGBL demande au nouveau gouvernement de remédier à cette situation et de fixer une augmentation de la part des contrats à durée indéterminée dans les conventions de quatre ans.
  • Le SEW/OGBL demande qu’un mécanisme soit mis en place afin de reconnecter l’évolution des salaires à l’université et dans les centres de recherche publics avec celle de la fonction publique, de préférence sous forme de négociations globales pour l’ensemble du secteur public, auxquelles l’OGBL, en tant que syndicat majoritaire dans plusieurs secteurs concernés, doit également être associé.

En vous remerciant de l’attention que vous avez portée à notre lettre, nous vous prions d’agréer nos meilleures salutations.

Joëlle Damé, présidente du SEW/OGBL
Vera Dockendorf, porte-parole du SEW/OGBL Secondaire
Marvin Caldarella Weis, porte-parole du SEW/OGBL Fondamental
Michel Reuter, porte-parole du SEW/OGBL Secondaire
Isabelle Bichler, Présidente de la section “Chargés de cours” Landesverband
Christian Turk, président de l’AMELUX
Frédéric Krier, secrétaire central du SEW/OGBL
Gilles Bestgen, secrétaire central adjoint du SEW/OGBL