14 octobre 2020

MISE AU POINT

Une rentrée syndicale un peu différente

Back_Nora_ok_ok_11_gris2Nous sommes en automne. Cet automne et sa tant attendue reprise qui doit avoir lieu maintenant. Et même si nous nous attendions avant l’été encore à ce que la rentrée soit cette année synonyme de reprise, force est de constater que la pandémie de Covid-19 n’a pas encore été écartée.

Nous ne sommes pas encore sortis de la crise, aussi bien d’un point de vue sanitaire, économique que social. Nous devons apprendre, tant bien que mal, à vivre avec le SARS-Covid-19 et à retrouver le chemin vers une certaine normalité.

Et ce chemin ne sera pas facile. Il ne sera pas non plus réalisable sans l’OGBL. Bien au contraire. Si nous voulons trouver un voie politique, économique et sociale pour notre pays, cela ne peut se faire qu’ensemble, dans le dialogue social entre les forces vives, le gouvernement, le patronat et le salariat. C’est pourquoi, l’OGBL appelle une nouvelle fois les deux autres acteurs à s’asseoir ensemble à une table, sous la forme qui a fait ses preuves par le passé, la «tripartite».

La réorganisation du monde du travail, à la suite de l’état d’urgence de ces derniers mois provoqué par le Covid-19, ne pourra se faire que d’une manière socialement juste. Pour éviter que de nouvelles inégalités ne voient le jour dans notre société, pour empêcher de profondes fractures sociales, pour trouver des solutions qui seront portées de toutes parts, pour redonner une véritable impulsion à l’économie et pour offrir un avenir aux salariés et à leurs familles.

L’OGBL discerne un chemin pour sortir de cette crise – NOTRE sortie de crise en commun. Cela signifie un emploi pour tous. Du pouvoir d’achat pour tous. Le droit au logement pour tous. La justice fiscale pour tous. Et une sécurité sociale forte pour tous.

Nous avons une vision et des revendications dans chacun de ces domaines. La question du logement est aujourd’hui toutefois sans aucun doute la plus urgente. Non seulement parce que deux projets de loi, qui n’amélioreront certainement pas la situation, ont été déposés au Parlement. Non seulement parce que la question du logement devient de plus en plus explosive au Luxembourg. Non seulement parce que les loyers et les prix du logement augmentent de manière exponentielle, même après la crise du Covid-19. Mais aussi parce que tout le monde a désormais pris conscience de cet état d’urgence. Les habitants du Luxembourg et des régions frontalières commencent à se défendre. La colère et la frustration dans la société civile, concernant ce sujet, sont plus fortes que jamais. Des personnes d’origines, d’obédiences politiques et de conditions sociales différentes se rassemblent, forment des associations, se solidarisent, protestent, se lèvent et manifestent!

Et l’OGBL fait partie de ce mouvement. Le 10 octobre, une première manifestation a eu lieu à Luxembourg-ville. Et cela va continuer.

Ce mouvement ne peut désormais plus être arrêté. La crise du logement met en colère. Parce que, contrairement à la crise du COVID-19 ou la crise financière de 2008, elle n’est pas arrivée par effraction de l’extérieur dans notre pays. Non, elle est entièrement et totalement faite-maison.

La responsabilité de cette crise incombe avant tout à la politique, aux gouvernements successifs qui les uns après les autres, n’ont rien entrepris pour résoudre ce problème. Ces derniers ont laissé le libre marché de la concurrence régner, comme si le sol sur lequel on construit était une marchandise qui peut se reproduire indéfiniment.

Ainsi, année après année, une spirale s’est développée, qui a creusé l’écart entre les prix du logement et l’évolution des revenus de la population. Rien n’a été entrepris contre la course à la rentabilité et à la spéculation. Au contraire, de scandaleux allègements fiscaux et même des exonérations fiscales n’ont pas cessés d’être introduits pour les super-riches.

C’en est fini de l’inaction. Il n’est plus acceptable que la majorité de la population s’endette à vie pour avoir un toit au-dessus de la tête, tandis que quelques-uns s’enrichissent continuellement par le biais de la spéculation immobilière.

Cette crise touche des dizaines de milliers de ménages. Elle prive de plus en plus de gens du droit fondamental de pouvoir se loger. Cette crise doit cesser immédiatement.

Ceci exige que le gouvernement prenne de profondes mesures anti-crises. C’est la voie à suivre pour sortir de la crise. C’est ce que l’OGBL attend du gouvernement.

Pour notre droit fondamental au logement, pour des logements abordables, pour une politique dynamique de construction de logement qui reste en mains publics. Pour notre pouvoir d’achat et pour la cohésion sociale au Luxembourg.

Nora Back, Présidente de l‘OGBL
Octobre 2020

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