7 janvier 2019

Travailleurs handicapés

Une lutte de tous les jours pour la reconnaissance

Le département des Travailleurs handicapés de l’OGBL se bat depuis 15 ans pour améliorer les conditions et les droits des personnes présentant un handicap.

L’148992_10150941013436757_573326756_11734612_1539981382_nOGBL dispose depuis 2003 d’un département dédié exclusivement aux travailleurs handicapés. L’origine de ce département remonte à 1998 où, dans la foulée de la journée nationale du Handicap, l’OGBL a décidé de mettre en place un groupe de travail pour réfléchir plus intensément à cette problématique, en commençant également à faire pression sur les autorités compétentes en vue d’améliorer les conditions d’accès des travailleurs handicapés au monde du travail. Cinq ans plus tard, le département des Travailleurs handicapés (DTH) voyait le jour, avec pour objectif de défendre et de promouvoir les droits des salariés présentant un handicap et de faire tomber progressivement les barrières qui se dressent malheureusement encore trop souvent sur leur chemin professionnel.

Il faut bien voir que jusqu’à 2004, l’accès au marché du travail traditionnel était extrêmement difficile pour les personnes présentant un handicap, pour ne pas dire quasiment impossible, sans parler des conditions de travail honteuses dans lesquelles elles évoluaient. La grande majorité d’entre elles étaient en effet orientées vers des ateliers protégés, comme c’est aujourd’hui encore souvent le cas, mais à l’époque, bien qu’elles y étaient déjà sous contrat et qu’elles devaient également travailler à des heures fixes, elles n’étaient toutefois pas rémunérées pour le travail presté (à l’exception de l’atelier protégé de la Fondation Kräizbierg à Dudelange qui fût précurseur en la matière). Une première victoire fût dans ce contexte, l’instauration en 2004, sous la pression de l’OGBL et de son DTH, d’un statut du travailleur handicapé, renforçant les droits des salariés présentant un handicap et leur garantissant un salaire en contrepartie de leur travail. En 2004, l’OGBL signa également une première charte commune avec l’UEL visant à promouvoir l’inclusion sur le marché du travail des personnes présentant un handicap.

La mise en œuvre du plan d’action 2012-2017 laisse pour le moins à désirer

548556_10150941010706757_573326756_11734591_989146899_nC’est également sous l’impulsion, entre autre, du DTH, que fût élaboré le Plan d’action national en faveur des personnes handicapées, présenté en 2012 par le gouvernement pour les cinq années à venir. Parmi les priorités de celui-ci figuraient notamment: la promotion active de l’inclusion des personnes handicapées sur le marché du travail, l’introduction d’une bourse d’étudiant pour les travailleurs handicapés, la mise en place d’une coopération entre les ateliers protégés et les acteurs du monde du travail comprenant notamment l’ADEM, la création d’une formation professionnelle adaptée aux besoins des personnes handicapées et l’instauration d’un «job coaching» visant à faciliter la communication sur le lieu de travail.

Si le plan national de 2012 se voulait ambitieux, force est de constater que seuls deux éléments se sont concrétisés jusqu’à aujourd’hui. Ainsi le «job coaching» a effectivement été mis en place cette année. Et un centre d’évaluation et d’orientation socio-professionnelle pour les demandeurs d’emploi ayant le statut du salarié handicapé et/ou du reclassement externe (COSP-HR), rattaché à l’ADEM, a également vu le jour en 2017. Ce dernier permet désormais d’évaluer les compétences réelles des travailleurs handicapés afin de mieux les orienter professionnellement.

Le dispositif ne s’adresse toutefois, dans une première phase, qu’à un nombre restreint de types d’handicap (problème de marche, d’équilibre, etc).

Mais le bilan de la mise en œuvre du plan d’action laisse pour le moins à désirer, pour le dire poliment. L’ONU elle-même n’a d’ailleurs pas manqué de le faire remarquer en 2017 dans le cadre du suivi de la Convention relative aux droits des personnes handicapées (CRDPH), ratifiée par le Luxembourg en 2011. La ministre de la Famille a, dans la foulée, lancé un appel en vue de l’élaboration d’un nouveau plan national, devant toutefois repartir de zéro. Si le DTH salue la volonté de ne pas baisser les bras, il juge la méthode incompréhensible. Le DTH exige que le bilan du plan d’action 2012-2017 soit réellement tiré et que ce qui n’a pas encore été transposé le soit tout d’abord, pour se fixer ensuite de nouvelles priorités. Repartir de zéro constituerait, pour le DTH, une insulte adressée à tous les acteurs qui se sont engagés dans l’élaboration du premier plan national.

Parmi les chantiers prioritaires figurent, pour le DTH, tout d’abord la nécessité de donner enfin aux ateliers protégés les moyens financiers de leurs objectifs.

Si la loi stipule en effet clairement que ces derniers doivent préparer les travailleurs handicapés à intégrer le marché du travail traditionnel, c’est aujourd’hui encore loin d’être le cas. Faute de moyens, les ateliers protégés se transforment trop souvent encore en «voie de garage» (seules quelques structures y font exception).

Autre priorité pour le DTH: que l’Etat n’exige plus la restitution des sommes avancées au titre du revenu pour personnes gravement handicapées, lorsque celles-ci voient leur revenu tout d’un coup augmenter, comme par exemple dans le cadre d’un héritage (dispositif de restitution analogue à celui pratiqué dans le cadre du RMG). Le ministre du Travail s’était d’ailleurs déjà engagé en décembre 2017, lors des événements organisés par Info-Handicap dans le cadre de la journée internationale des personnes handicapées, à abolir cette mesure scandaleuse encore avant les législatives de 2018. Lors d’un échange avec le ministre, en juillet dernier, celui-ci avait fait savoir que le projet de loi était quasiment prêt, mais que le ministère de la Famille, compétent pour les questions liées au handicap, n’était pas encore disposé à soumettre le texte au vote.

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Le DTH revendique également l’extension du statut de travailleur handicapé, notamment à certains « handicaps psychiques » comme la dépression chronique ou le trouble de la personnalité limite («borderline») et à tout un tas d’«handicaps invisibles» (déficits de l’attention, hyperactivité), qui ne sont pas reconnus aujourd’hui.

Enfin, il faut absolument que le dossier de la formation professionnelle avance. Des mesures doivent être prises pour l’adapter aux personnes handicapées. C’est là un instrument primordial, aux yeux du DTH, pour augmenter l’inclusion des personnes présentant un handicap sur le marché du travail traditionnel. Les personnes atteintes d’un handicap et souhaitant faire un apprentissage professionnel devraient également déjà pouvoir profiter du statut de travailleur handicapé.

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