2 juillet 2016

Résolution adoptée lors du Congrès extraordinaire de l’OGBL du 2 juillet 2016

congres_voteLe 23 juin, les Britanniques se sont majoritairement décidés pour une sortie de l’Union européenne. Le 22 mai, le candidat de la droite populiste FPÖ a manqué l’élection au poste de président fédéral d’Autriche de quelques milliers de voix seulement. La Cour constitutionnelle autrichienne vient toutefois d’invalider les résultats de cette élection. Et il est donc possible que le représentant de la droite populiste autrichienne accède quand même à la présidence de la République fédérale d’Autriche. Dans de nombreux Etats de l’UE, les partis politiques situés à droite sont devenus la première force politique. Dans certains pays européens, ils sont déjà au pouvoir et en train de limiter la liberté de la presse et l’indépendance des tribunaux. Dans le contexte des luttes sociales en France à propos de la détérioration massive du droit de travail, le président de la Commission européenne déclare que cette «réforme du droit de travail» doit être mise en œuvre à tout prix et avertit le gouvernement français de ne pas faire de concessions.

L’Union européenne devient de plus en plus synonyme de démantèlement social, de stagnation et d’absence de perspectives. L’OGBL demande depuis des années un changement de cap politique radical en Europe. Quitter la voie de l’Union de la concurrence et aller dans la direction d’une Union sociale.  Vers plus de solidarité entre les pays. Des meilleurs standards sociaux pour les femmes et les hommes. L’Europe a besoin d’un meilleur droit de travail. D’un renforcement du pouvoir d’achat. D’investissements. D’un salaire social minimum européen en lien avec la force économique des différents pays.

Car sans un tel changement de cap, l’Union européenne ne survivra pas.

Dans ce contexte, l’OGBL demande de toute urgence une réforme de la directive détachement. Il faut mettre fin au dumping social et salarial en Europe. Le gouvernement luxembourgeois doit continuer à s’engager dans cette question au Conseil des ministres européen pour une solution dans l‘intérêt des salariés.

congres_vote_3L’OGBL attend du gouvernement qu’il se prononce contre l’accord CETA avec le Canada. L’OGBL partage la position du gouvernement luxembourgeois, qui demande un vote des parlements nationaux sur l’accord CETA. En outre, les négociations sur le TTIP doivent être arrêtées. Les deux traités sont un danger massif pour les standards européens sociaux, de travail, d’environnement, de protection des consommateurs et de protection des données. Une nouvelle dérégulation des services publics est visée, ce que l’OGBL refuse de manière catégorique. En outre, les procédures d’arbitrage extrajudiciaires sans base juridique ou démocratique sont inacceptables.

Les recommandations de la Commission européenne pour le Luxembourg vont chaque année en direction du démantèlement social et de la réduction des pensions. Cette année, ce sont une fois de plus les pensions qui sont visées plus particulièrement par la Commission. L’OGBL demande au gouvernement, de refuser clairement ces recommandations.

L’OGBL demande la mise en œuvre rapide de la réforme de la loi PAN, afin que l’organisation du temps de travail au Luxembourg suive enfin de nouveau des règles légales claires.

L’OGBL demande que l’UEL cesse sa position de blocage afin de mener des discussions concrètes et constructives à un niveau bilatéral.

L’OGBL prévient le gouvernement contre une réforme précipitée de l’assurance dépendance. Le modèle actuel ne nécessite pas de réforme substantielle. Le Luxembourg dispose d’une assurance dépendance, dont la caractéristique centrale est le fait de mettre les besoins individuels des personnes dépendantes au centre.  Cela est une bonne chose et doit rester garanti. Une diminution des prestations ne sera pas acceptée par l’OGBL, tout comme une perte de qualité, de transparence ou de contrôle.

L’OGBL salue les approches positives dans la réforme fiscale prévue, qui vont dans la direction de plus d’équité fiscale. Il regrette néanmoins que peu ne se fait pour créer plus d’équité fiscale entre le capital et travail. En outre, l’OGBL continue à appeler à un mécanisme d’adaptation automatique du barème d’imposition à l’évolution des prix. La situation économique permet des réductions d’impôts et l’OGBL invite le gouvernement à mettre en œuvre la réforme fiscale prévue dans les délais, au 1er janvier 2017.

congres_vote_2L’OGBL rappelle que plusieurs réformes du droit de travail pressantes sont à l’ordre du jour en ce moment. Ceci comprend entre autres une meilleure protection des salariés dans le cas de licenciements économiques, un meilleur encadrement pour les stages en entreprise, plus de droits pour les salariés en cas de faillite et la résolution attendue depuis longtemps de la question de la continuation du paiement de salaire en cas de maladie. L’OGBL rappelle enfin au gouvernement qu’il s’est engagé d’introduire le droit de combiner un travail à temps partiel avec une pension partielle.

Dans les mois à venir, l’OGBL mènera une politique tarifaire offensive.

Il n’est plus possible de vivre adéquatement au Luxembourg avec le salaire social minimum actuel. Pour cette raison, l’OGBL maintient sa revendication d’une augmentation du salaire social minimum de 10%. Qui travaille à temps plein doit pouvoir vivre décemment de son salaire.

La crise économique est derrière nous et il est temps de faire participer les salariés davantage aux profits que leur travail a généré. L’OGBL mettra pour cette raison des augmentations salariales substantielles au centre des négociations tarifaires à venir dans tous les secteurs économiques.

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