24 décembre 2016

L’opposition et la pression de l’OGBL ont commencé à porter leurs fruits

20161213 ar , Dudelange, maison Syndicale avenue Grande Duchesse Charlotte, OGBL, comité national avec André Roeltgen ,Photo: Alain Rischard / EditpressLe Comité national de l’OGBL était réuni le 12 décembre 2016 à la Maison syndicale de Dudelange. A l’ordre du jour de cette dernière réunion de l’année figuraient entre autre une analyse de la situation économique et sociale, un bilan de l’année écoulée, une analyse de plusieurs dossiers politiques en cours et une analyse de la situation dans les entreprises

Le Comité national de l’OGBL a notamment tiré un bilan de son action menée au cours de l’année 2016. Si l’OGBL s’impatiente quant à certains dossiers qui tardent à évoluer politiquement, il tire, au regard des nombreux succès obtenus par ailleurs cette année, un bilan très positif de son action. Des résultats qui sont à mettre au compte de la campagne «Un paquet social pour le Luxembourg – Pour un meilleur travail et un meilleur revenu».

Parmi les succès, on peut citer le compromis positif trouvé dans le cadre de la réforme de la loi sur le temps de travail (loi PAN) où l’OGBL a finalement réussi à repousser les attaques du patronat, la réforme du congé parental dans le cadre de laquelle l’OGBL a obtenu une revalorisation substantielle de l’indemnité, le projet de loi déposé par le gouvernement relatif à la continuation de salaire en cas de maladie qui répond désormais aux revendications de l’OGBL, l’accord avec le gouvernement visant l’introduction d’un mécanisme automatique d’adaptation des allocations familiales à l’évolution du salaire médian, l’adaptation du salaire social minimum et du RMG au 1er janvier 2017 ou encore la réforme fiscale qui sous la pression de l’OGBL va venir alléger la charge fiscale pesant sur les petits et moyens salaires (l’OGBL maintient toutefois ses critiques quant à l’abaissement de l’imposition des entreprises, l’absence de mécanisme d’adaptation du barème fiscal à l’inflation et la discrimination entre résidents et non-résidents mariés que va établir la réforme si elle n’est pas amendée au cours de l’année à venir).

Les nouvelles prestations qu’offrira la CNS à partir de 2017 (notamment la prise en charge du deuxième détartrage chez le dentiste et de l’achat de lunettes même sans ordonnance, l’abaissement du délai de renouvellement pour le remboursement de lentilles et l’augmentation du forfait kilométrique dans le cadre de transports en ambulances) sont également à mettre au crédit de l’OGBL qui revendique des améliorations depuis des années au niveau de la CNS.

L’OGBL constate également que son opposition à la politique budgétaire du gouvernement a porté ses fruits. L’OGBL n’a cessé de dénoncer au cours des dernières années les politiques d’austérité et d’économies et ne peut donc que se féliciter du changement de cap opéré par le gouvernement qui a décidé de miser désormais sur un niveau élevé d’investissement public tout en mettant fin au démantèlement social et en initiant des premières mesures allant dans le sens du progrès social.

Le Comité national s’est en outre penché sur quelques dossiers politiques actuellement en discussion. Concernant le projet de plan hospitalier, l’OGBL ne peut s’accommoder de la réduction de lits prévue, tout comme du risque d’«insourcing» des laboratoires et du sort réservé au traitement ambulatoire. Quant à la réforme de l’assurance dépendance, les discussions se poursuivent avec le ministre de la Sécurité sociale. L’OGBL a tenu à rappeler dans ce contexte qu’il ne tolérera aucune détérioration de celle-ci.

Le Comité national a enfin fixé ses priorités pour 2017, parmi lesquelles figurent entre autres l’augmentation structurelle du salaire social minimum et une politique tarifaire offensive.

La Révolution digitale ne se fera pas sans l’OGBL

Le Comité national de l’OGBL s’est penché sur la digitalisation de la société et de l’économie qui est actuellement en cours. Il est un fait que le développement technologique impulsé par cette «révolution digitale» a et aura encore dans les années à venir encore davantage, un impact important à la fois sur la société prise dans son ensemble et sur les modes actuels de productions capitalistes.

Contrairement au théoricien Jeremy Rifkin (qui a élaboré à ce sujet une étude prospective pour le compte du gouvernement luxembourgeois), l’OGBL est loin d’être convaincu que la révolution technologique actuellement en cours ne vienne remettre en cause le modèle de production capitaliste, au profit d’une économie dite participative («sharing economy»). Les premières évolutions tendent d’ailleurs plutôt à donner tort aux prophéties du futurologue américain. En témoigne, les monopoles croissants d’entreprises multinationales comme Google ou Amazon., qui surfent précisément sur cette révolution technologique.

L’OGBL reconnaît que le développement de la technologie digitale renferme de nombreuses potentialités qui pourraient, le cas échéant, également s’avérer positives, mais l’OGBL est tout aussi conscient que les dangers sont nombreux quant à ce que les inégalités ne se creusent encore davantage.

Au regard de l’enjeu et de la responsabilité qui lui incombent, l’OGBL compte endosser un rôle prédominant pour faire en sorte que les améliorations sociétales, sociales et économiques potentielles que promet cette évolution technologique adviennent réellement.

L’OGBL a déjà annoncé au gouvernement qu’il ne compte pas limiter son rôle dans les discussions à venir aux seules questions liées directement au travail et à l’emploi, mais revendique son implication à tous les niveaux de la discussion. Dans ce contexte, l’OGBL n’acceptera pas que certaines discussions soient menées dans le cadre d’instances où il n’est pas représenté (par exemple : les Haut Comités). L’OGBL rappelle enfin qu’il existe des institutions prédestinées pour les discussions qui s’annoncent, à savoir les instances tripartites que sont le Comité permanent du travail et de l’emploi, le Conseil économique et social ou encore la Caisse nationale de santé.

L’OGBL exige une réforme du modèle de négociation dans la fonction publique

Le Comité national de l’OGBL a tenu à saluer le résultat des négociations portant sur le récent accord salarial dans la fonction publique, jugeant ce dernier équilibré et adapté. Toutefois, l’OGBL estime que le modèle de négociation dans la fonction publique ne répond plus aux exigences de la réalité et nécessite par conséquent d’être réformé.

L’OGBL fait en effet remarquer que les accords salariaux dans la fonction publique, négociés actuellement par la seule CGFP, ont une incidence directe qui dépasse largement la seule fonction publique. Ainsi l’ensemble des services publics sont impactés par ce type d’accord. Or, l’OGBL est au moins aussi représentatif que la CGFP si l’on considère l’ensemble de ces services publics (fonction publique; secteur communal; secteurs conventionnés de la santé, des soins et du social) et revendique par conséquent sa présence à l’avenir à la table des négociations.

L’OGBL fait remarquer dans ce contexte que le conflit qui a cours actuellement dans le secteur de la santé, des soins et du social porte encore sur la transposition du dernier accord salarial dans la fonction publique. Et déjà, un nouvel accord à transposer se présente… L’OGBL revendique une réforme d’urgence!

Sections: une nouvelle cartographie a été adoptée

Un pas de plus a été franchi dans le cadre de la transposition de la réforme statutaire de l’OGBL décidée en juillet dernier. Le Comité national a en effet adopté la nouvelle cartographie des sections locales de l’OGBL, qui va progressivement se mettre en place au cours des deux prochaines années et faire passer celles-ci de 59 unités actuellement, à 23 (18 sur le territoire national et 5 réparties entre l’Allemagne, la France et la Belgique), dans le cadre d’un vaste processus de fusions (la nouvelle cartographie des sections de l’OGBL sera présentée prochainement). Le Comité national a également abordé le futur service national qui sera mis en place l’année prochaine pour accompagner et soutenir les sections dans le cadre de leurs multiples activités (information, formation et discussion politique; besoins locaux; culture, arts et loisirs). L’OGBL s’attend, grâce à ces mesures, à ce que les sections locales connaissent une nouvelle dynamique.

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