25 janvier 2021

Secteur du Gardiennage

L’OGBL demande une entrevue d’urgence à la ministre de la Justice

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L’OGBL a appris avec grand étonnement que le cadre légal concernant les entreprises de sécurité et de gardiennage privées serait révisé et surtout que (selon un article de presse daté du 7 janvier 2021) la ministre de la Justice, Sam Tanson, serait d’ores et déjà accordée avec la fédération des employeurs du secteur quant au besoin de clarifier certains points dans la législation existante.

L’OGBL tient à souligner qu’une réforme du cadre légal des activités de gardiennage ne peut et ne doit en aucun cas se faire sans implication et concertation préalable avec les syndicats représentatifs au niveau national.

Le 13 mai 2020, la ministre de la Justice, Sam Tanson, avait assuré au syndicat Services et Energie de l’OGBL, lors d’une entrevue par vidéoconférence, qu’un groupe de travail interministériel serait mis en place pour discuter de la législation relative à l’agrémentation dans le secteur du gardiennage et que les partenaires sociaux seraient consultés. Or, cette promesse n’a pas été tenue. Depuis cette entrevue, tous les courriers de l’OGBL adressés à la ministre de la Justice sont restés sans réponse. Ce silence représente un manque de respect inacceptable envers les représentants légitimes des salariés concernés.

En effet, l’OGBL avait revendiqué l’instauration d’une obligation de formation et de qualification comme condition d’obtention de l’agrément permettant d’exercer des activités de gardiennage. Il s’agit également de remédier à l’absence de statut de l’agent de sécurité privé qui ne doit pas être un homme à tout faire. L’activité d’agent de sécurité doit être un métier reconnu et qualifié.

L’OGBL se prononce par ailleurs pour une distinction claire et nette entre les missions des agents de sécurité et les activités de maintien de l’ordre public, qui relèvent des missions de service public dévolues à la Police Grand-ducale.  Il est inacceptable que de telles missions essentielles soient confiées à des entreprises privées du secteur du gardiennage. L’OGBL s’oppose par conséquent aux pratiques de certaines communes, qui reviennent à une privatisation de missions essentielles incombant à la Force publique. La nouvelle loi ne doit ainsi pas ouvrir la porte à des privatisations et des externalisations des missions de police.

Dans le même contexte, l’OGBL approuve la volonté actuelle du ministère de l’Armée de renforcer les services de garde étatiques par les gardiens de l’Armée, mais n’hésitera à aucun moment à dénoncer toute tentative de privatisation desdits services de garde étatiques.

Le secteur de la sécurité privée et du gardiennage est un secteur en manque de reconnaissance, offrant des salaires trop bas, auquel s’ajoutent des conditions de travail particulièrement difficiles en raison d’une flexibilité à outrance que les salariés se voient imposés par leurs employeurs. L’OGBL exige que l’Etat cesse de succomber à des pratiques antisociales et qu’il assume au contraire un rôle exemplaire.

Par conséquent, le syndicat Services et Energie, le syndicat Service public et le département de la Fonction publique de l’OGBL demandent une réunion d’urgence avec la ministre de la Justice, Sam Tanson, afin que l’avis et l’expertise de l’OGBL, principal syndicat du pays représentant à la fois les salariés du gardiennage privé ainsi que les fonctionnaires, les employés et les salariés de l’Etat — y compris dans la police — soient pris en compte.

Communiqué par le syndicat Services et Energie, le syndicat Service public OGBL/Landesverband et le département de la Fonction publique de l’OGBL, le 25 janvier 2021

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