17 avril 2015

Le mot du président

Le jour de la fête du travail est vivant

André Roeltgen, Président de l‘OGBL

André Roeltgen, Président de l‘OGBL

Le 1er mai. Jour de commémoration d’une journée historique de lutte du mouvement ouvrier et syndical dont les origines remontent aux grèves qui se sont déroulées dans le secteur de l’industrie en Amérique du Nord en faveur de la journée de travail de huit heures, et dont le point d’orgue sanglant fût atteint le 3 mai 1886 lorsque des ouvriers qui manifestaient ont trouvé la mort lors d’affrontements violents avec les forces de police.
Pour le mouvement syndical international le 1er mai est un anniversaire qui jette un pont vivant vers le présent et l’avenir du salariat. Le travail demeure une condition préalable à notre existence matérielle. Le salaire, le temps de travail et les conditions de travail en général sont les maître-mots, qui, aujourd’hui comme hier, ont une signification existentielle pour les gens qui travaillent.

Ils nous relient avec les travailleurs en grève du Haymarket à Chicago en 1886. Nous poursuivons leur lutte syndicale, pour nous et pour nos familles.

À côté de notre revendication pour la revalorisation du salaire social minimum et de notre politique tarifaire dans les conventions collectives de travail, les négociations que mènent actuellement l’OGBL avec le gouvernement luxembourgeois et le patronat sont un très bon exemple de la continuité de notre lutte syndicale.

Dans le cadre de ces discussions, l’OGBL vise à améliorer et assurer les perspectives professionnelles et sociales de ses membres. Nous voulons plus de droits et plus de possibilités au niveau de la formation continue. Nous voulons une meilleure protection légale de l’emploi face aux licenciements motivés soi-disant par des raisons économiques. Des réformes en matière de plans pour l’emploi et de plans sociaux tout comme en matière de faillites sont également nécessaires. Le droit à la préretraite en cas de travail posté doit être amélioré et étendu à d’autres conditions de travail difficiles. Il faut introduire dès à présent, pour les salariés pouvant faire valoir leur droits à la retraite, le droit de choisir eux-mêmes la combinaison entre retraite partielle et travail à temps partiel. Dans la lutte contre la précarisation du travail des jeunes, l’encadrement légal des stages en entreprises s’impose.

La législation PAN qui encadre le temps de travail et qui date de près de 20 ans figure également à l’odre du jour des négociations. Cette loi empêche une évolution progressiste des temps de travail au Luxembourg qui s’impose pourtant depuis longtemps.  Au Luxembourg, un salarié à plein temps travaille en moyenne 100 heures de plus par an qu’en moyenne dans la zone euro. Ceci vient s’ajouter à  une intensité de travail qui est une des plus importantes, sinon la plus importante, d’Europe. Par ailleurs, la législation PAN a mené à une dérégulation et une flexibilisation outre mesure du temps de travail.
Dans la plupart des cas, ceci se produit au bénéfice des employeurs. De nombreux salariés sont durement affectés par des heures de travail supplémentaires non rémunérées et non récupérables en temps libre et par le fait de ne pas pouvoir planifier correctement le temps dévolu à leur vie privée. Ce n’est pas sans raison que l’harmonisation entre temps de travail et temps de loisirs, voir temps privé, est réclamée de plus en plus fortement.
Au regard de cette situation, les revendications des employeurs visant davantage de flexibilité  négative en matière d’heures de travail et  l’élargissement de la période de référence sont absurdes et inacceptables pour l’OGBL.

L’évolution doit aller en sens inverse. Plus de temps libre, plus de sécurité pour planifier son temps de travail et son temps libre, une nouvelle définition légale de ce qu’est une heure supplémentaire et toute une série d’autres dispositions légales qui protègent mieux le temps de travail et la santé des salariés dans le monde moderne du travail:  voilà ce qui doit actuellement être à l’ordre du jour.

En même temps, l’OGBL invite le législateur dans ce contexte à soutenir le système luxembourgeois des conventions collectives. Des conventions collectives conclues entre employeurs et syndicats constituent en effet le meilleur moyen pour organiser le temps de travail, aussi bien au niveau de l’entreprise qu’au niveau d’un secteur d’activités, et cela dans l’intérêt de tous!

Le 23 avril, un bilan intermédiaire des discussions actuellement en cours entre le gouvernement, le patronat et les syndicats doit être dressé. Dans le meilleur des cas, des premiers résultats partiels pourront être présentés. L’OGBL souhaite poursuivre les discussions. La reprise du dialogue social au Luxembourg est possible. Cette occasion devrait également être saisie par les employeurs.

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