9 février 2021

La sortie de crise ne pourra pas se faire sans l’OGBL

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Pour sa première réunion de l’année, le 26 janvier dernier, le Comité national de l’OGBL avait mis le cap exceptionnellement sur l’Hémicycle du Centre de conférences au Kirchberg. Un des rares lieux pouvant accueillir les membres du Comité national, tout en garantissant le respect des mesures de distanciation sociale.

Comme l’a rappelé d’entrée la présidente de l’OGBL, Nora Back, l’année écoulée a été éprouvante pour tout le monde. Et malheureusement, malgré les nombreux espoirs qui avaient pu être placés en cette nouvelle année, force est de constater que le Covid-19 est encore là et qu’il continue de peser lourdement sur notre quotidien.

Depuis le début de la crise, l’OGBL s’est toujours abstenu de commenter en tant que telles les différentes mesures de restrictions prises par le gouvernement en vue d’endiguer l’épidémie, faisant confiance à l’expertise médicale qui sous-tend en principe chaque décision politique prise dans ce contexte. L’OGBL attire toutefois l’attention sur le fait que certaines de ces mesures sont aujourd’hui, pour diverses raisons, de moins en moins bien acceptées dans la société. Et cela peut se comprendre, du moins en partie. Pour l’OGBL, une des causes réside notamment dans le manque de dialogue et de transparence de la part du gouvernement, non seulement envers  la société en général, mais aussi et plus particulièrement envers les salariés et leurs représentants. L’OGBL souhaite avant tout éviter que ne se reproduise ce qui s’est passé l’année dernière où le dialogue social n’a effectivement pas toujours été facile à trouver avec l’exécutif. Certes, les mesures ont souvent dû être prises très rapidement par le gouvernement compte tenu de la situation, mais certains arbitrages politiques ont parfois été difficiles à comprendre et à accepter sans échange préalable, ni explication. Pour continuer à fonctionner correctement, la société doit avancer ensemble dans la même direction et cela passe inévitablement par un dialogue social constructif et notamment avec l’OGBL en tant que plus grand représentant du salariat dans le pays.

Le Comité national s’est également penché plus particulièrement sur la situation dans les différents secteurs d’activités et l’impact de la crise sur ces derniers. A commencer par celui de l’enseignement où enseignants, élèves et étudiants vivent très mal ce qui leur est imposé depuis bientôt un an, notamment en raison d’un manque de stratégie sur le long terme de la part du ministère qui, le plus souvent, réagit uniquement à l’évolution de la crise sanitaire, au lieu d’anticiper davantage.

Il y a ensuite tous les secteurs qui ont dû recourir au chômage partiel. Si l’OGBL a salué et soutenu l’extension du chômage partiel à l’ensemble des secteurs qui ont été contraints de stopper ou de ralentir leurs activités, il est désormais plus que temps de préparer le retour à la normale pour qu’on n’assiste pas dans les mois à venir à des pertes massives d’emploi. L’OGBL revendique dans ce contexte la négociation de plans de maintien dans l’emploi sectoriels ainsi que des compensations pour les pertes de revenus qu’ont subi les salariés concernés. L’OGBL a également demandé des entrevues avec les ministres compétents pour obtenir des améliorations rapides au niveau de la législation sur les faillites.

Viennent ensuite les secteurs qui ont largement recouru au télétravail. L’OGBL salue évidemment l’accord interprofessionnel qui a pu être trouvé en fin d’année dernière avec le patronat, celui-ci venant clarifier et faciliter désormais un certain nombre de choses en matière de télétravail. Mais l’OGBL constate qu’ici aussi, les salariés concernés commencent à très mal vivre leur situation. Comme le montre les résultats de la 8e enquête «Quality of work Index» de la CSL, on constate auprès de ces derniers à une augmentation de leur niveau de stress et un plus grand déséquilibre entre leur vie privée et leur vie professionnelle.

Et puis, il y a tous les secteurs dans lesquels les salariés ont dû continuer de se rendre sur leur lieu de travail pour que la société ne s’effondre pas — les secteurs essentiels! La fatigue s’y fait aujourd’hui ressentir. Si la crise a eu un mérite, c’est de mettre en lumière l’importance de ces professions qui, par le passé, n’étaient pas forcément reconnues par la société à leur juste valeur. Des secteurs dans lesquels, souvent, les rémunérations ne sont pas très élevées et les conditions de travail, pas les meilleures. L’ensemble de la société leur a rendu hommage l’année dernière. Désormais, des actes doivent suivre. Et il est scandaleux que dans le secteur du nettoyage par exemple, où des négociations ont actuellement cours en vue du renouvellement de la convention collective de travail, le patronat ne daigne pas envisager la moindre amélioration. Mais la situation n’est guère meilleure dans le secteur du gardiennage ou celui du commerce.

Les services publics ont également fait leur preuve en tant que secteur essentiel au cours de cette crise. Une des principales leçons à en tirer devrait logiquement consister à mettre un terme aux velléités de privatisation. Le Comité national a par conséquent exigé un changement de cap conséquent du gouvernement en la matière et s’est dit prêt à participer à des actions syndicales, si celles-ci s’imposent.

Quant au secteur de la santé, qui a constitué notre colonne vertébrale tout au long de cette crise, le manque de personnel y est devenu manifeste. Il est le résultat d’une politique néolibérale d’épargne, dont les retombées se font durement ressentir aujourd’hui. Il est plus que temps de revaloriser ce secteur et de le rendre plus attractif.

Enfin, l’OGBL s’est aussi penché sur la situation dramatique que connait actuellement le secteur de l’Horeca. L’OGBL soutient ici toutes les aides débloquées par l’Etat pour les entreprises de ce secteur, mais il revendique qu’il y ait aussi impérativement des garanties pour sauvegarder les emplois des milliers de salariés qui y travaillent.

Le tableau dressé de la situation n’est certes pas très joli. Il s’agit maintenant de tout mettre en œuvre pour éviter que n’advienne une véritable crise sociale. C’est la raison pour laquelle, l’OGBL, ensemble avec les deux autres syndicats représentatifs au niveau national, ont réitéré début janvier leur demande auprès du Premier ministre en vue d’organiser une tripartite, qui reste l’instrument privilégié pour faire face à une crise d’une telle ampleur. En fait, dans cette situation de crise, la tripartite devrait se réunir régulièrement pour esquisser dans le dialogue les voies possibles pour assurer la relance économique et sociale.

L’OGBL a élaboré l’année dernière toute une série de propositions en vue de sortir de la crise. Des propositions qui s’articulent autour du maintien dans l’emploi, du renforcement du pouvoir d’achat, de l’accès au logement, de la justice fiscale et du renforcement de notre système de sécurité sociale. Le temps est venu d’en débattre. Car la sortie de crise ne pourra pas se faire sans l’OGBL.

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