9 juillet 2014

Editorial

La porte du dialogue social est ouverte. Les employeurs sont priés d’entrer!

Le nouveau gouvernement DP/LSAP/déi Gréng est entré en fonction en promettant de ranimer le dialogue social au niveau national. Le 25 juin dernier, il a donné un signal très important en matière d’index et de politique salariale. Avec des prévisions de croissance pour le Luxembourg de plus de 3% et un taux d’inflation à un niveau historiquement bas de 1%, le gouvernement ne voit aucune nécessité de légiférer. En le décrivant avec les mots du Premier ministre Xavier Bettel: «Nous faisons des lois lorsqu’elles sont nécessaires. Lorsqu’elles ne le sont pas, nous ne les faisons pas».

Dès 2015, le fonctionnement normal de l’index devrait donc à nouveau entrer en vigueur. La proposition du gouvernement consistant à ne pas intervenir sur le plan législatif au cours de son mandat, si le mécanisme ne se déclenche pas plus d’une fois en moyenne au cours d’une période de 12 mois, dégage suffisamment de marge de manœuvre politique lui permettant, d’une part de respecter son propre accord de coalition, d’autre part – dans le cadre d’une évolution négative – de viser une action concertée avec les partenaires sociaux.
Le Comité national de l’OGBL considère la proposition du gouvernement, comme étant une proposition de compromis constructive et s’y est prononcé favorable à l’unanimité. Elle amène de l’apaisement et prend agréablement ses distances des politiques qui, au cours des dernières années, ont énormément empoisonné le dialogue social au niveau national jusqu’à sa rupture fin 2011.

Il est bien connu que les tripartites de 2010 et de 2011 ont échoué parce que le Premier ministre de l’époque, de manière répétitive depuis 2006, et non en raison d’une éventuelle situation de crise sociale et économique compréhensible, a souhaité dénaturer l’index.

Si des dégradations définitives et structurelles ont pu être évitées au cours de toutes ces dernières années, c’est en premier lieu grâce à l’opposition conséquente menée par les syndicats et avant tout par l’OGBL. L’opposition politique du LSAP au printemps 2010, après l’échec de la tripartite, a également été importante lorsqu’il a refusé d’appuyer les attaques du Premier ministre et de son parti contre l’index.

Au sein de l’opposition parlementaire, le CSV ne semble toujours pas avoir révisé sa position hostile au salariat. Il exige du gouvernement actuel une nouvelle manipulation législative de l’index. Il ne veut pas mettre un terme à sa croisade contre l’index, l’augmentation de la TVA devrait se faire aux dépens du pouvoir d’achat des salariés et des pensionnés.
Sur ce point il peut compter sur le soutien du patronat, qui a véritablement été encouragé par la politique de ces dernières années à émettre de façon agressive des exigences contre les salaires et l’index. Lors de l’entrevue du 25 juin avec le gouvernement, les employeurs n’ont pas seulement adopté une position négative par rapport à la proposition du gouvernement, mais ils exigeaient en plus la liquidation d’une tranche indiciaire, c. à d. une diminution de salaire de 2,5%.

La position des employeurs équivaut à un boycottage du dialogue social proposé par le gouvernement. Pour cette raison, l’OGBL exige avec insistance de la part des employeurs, de s’engager sur une autre voie avec le nouveau gouvernement et les syndicats.

Entre autres, il s’agit aussi de respecter les accords de la tripartite, qui stipulent, qu’à moyen terme, les salaires doivent évoluer en fonction de la productivité économique. Curieusement, le nouveau gouvernement rappelle maintenant aussi ce lien important, en l’inscrivant dans sa proposition actuelle! Les attaques sur les salaires qui sont en contradiction avec ce principe doivent prendre fin. Ceci présuppose de la part des employeurs, un changement d’attitude, aussi bien en ce qui concerne l’index que dans un certain nombre de négociations de conventions collectives qui sont en cours.

La même chose vaut pour d’autres exigences inacceptables, voire scandaleuses, comme par exemple celle de la FEDIL, qui souhaite l’introduction de jours de carence en cas de maladie du salarié. Pourquoi ne pas plutôt nous entretenir au sujet d’une amélioration des conditions de travail dans les entreprises?

André Roeltgen
Secrétaire général de l‘OGBL

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