Sécurité dans les transports publics

Le ministère de la Mobilité doit agir sans délai

La recrudescence d’agressions et de violences dans les transports publics au Luxembourg est aujourd’hui une réalité confirmée tant par les chiffres officiels que par des articles de presse récents. Les réponses gouvernementales à des questions parlementaires ainsi que les analyses publiées par la presse mettent en évidence une augmentation préoccupante des incidents touchant aussi bien les usagers que le personnel des transports publics.

L’OGBL tient à rappeler que cette situation concerne l’ensemble des réseaux publics, qu’il s’agisse du transport routier (RGTR, AVL, TICE) ou bien du rail (CFL et Luxtram). Les conductrices, conducteurs, agentes et agents travaillant dans ces secteurs sont exposés quotidiennement à des actes d’incivilité, des menaces et des agressions physiques, dans l’exercice même de leur mission de service public.

Si le ministère de la Mobilité et les opérateurs évoquent différentes mesures — plans de sécurité, coopérations avec les forces de l’ordre ou réflexions législatives — l’OGBL constate sur le terrain que ces annonces ne suffisent pas à endiguer la montée de la violence.

Dans le réseau RGTR en particulier, plusieurs dysfonctionnements majeurs persistent :

  • les autobus ne disposent pas tous de cabines de conduite sécurisées ;
  • certaines cabines existantes sont mal conçues et ne garantissent pas une protection efficace ;
  • il n’existe pas de suivi structuré ni d’évaluation régulière de l’efficacité de ces dispositifs.

Mais ces problématiques ne se limitent pas au transport routier. Le personnel du rail, c’est-à-dire des CFL et de Luxtram, est également confronté à une augmentation de situations à risque, notamment en soirée, la nuit ou sur certains axes sensibles, sans toujours bénéficier d’un encadrement sécurisé suffisant — bien que Luxtram ait déjà pris une mesure en engageant des agents de sécurité afin de contribuer à la sécurité dans les trams.

L’OGBL exprime sa vive préoccupation face à cette évolution et interpelle directement le ministère de la Mobilité. La sécurité du personnel et des usagers ne peut plus être traitée comme une question secondaire ou repoussée à des projets à long terme.

Face à cette situation, l’OGBL revendique notamment :

  • la généralisation de cabines de conducteur sécurisées et adaptées sur l’ensemble du parc RGTR ;
  • l’introduction de critères claires pour les cabines à installer ;
  • une analyse sérieuse et transparente des dispositifs de sécurité existants sur tous les réseaux ;
  • un renforcement immédiat et visible de la présence d’agents de sécurité, tant dans les bus que dans les trains et les trams ;
  • une coordination renforcée avec les forces de l’ordre, incluant des patrouilles ciblées ;
  • un suivi clair, public et régulier des agressions et incidents, afin de mettre en place des mesures réellement efficaces.

L’OGBL rappelle que la sécurité est une condition essentielle pour garantir des conditions de travail dignes et un service public de qualité. Les travailleuses et les travailleurs des transports publics ne peuvent pas continuer à assumer seuls les conséquences d’un manque de moyens et de décisions politiques.

Le ministère de la Mobilité est aujourd’hui face à ses responsabilités. L’OGBL attend des actes concrets, rapides et mesurables, à la hauteur des enjeux humains et sociaux que représente la sécurité dans les transports publics.

Communiqué par les syndicats Transport sur Route & Navigation, Chemins de fer / FNCTTFEL-Landesverband et Service Public de l’OGBL, le 22 janvier 2026