Réforme des Chèques-Service Accueil

L’OGBL salue les objectifs poursuivis mais déplore l’absence d’ambition quant aux conditions de travail des salariés concernés  

En janvier 2026, le ministre de l’Éducation nationale, de l’Enfance et de la Jeunesse, Claude Meisch, a présenté une réforme des Chèques-Service Accueil. Celle-ci vise, d’une part, à réduire et à rendre plus prévisibles les coûts supportés par les ménages et, d’autre part, à renforcer les contrôles ainsi que les critères de qualité applicables aux prestataires.

En tant que première organisation syndicale dans le secteur des crèches privées, l’OGBL salue expressément ces objectifs.

Cette réforme constitue toutefois une occasion manquée. Alors que l’État prévoit un investissement massif dans le secteur privé de l’accueil de l’enfance, aucune avancée n’est prévue en matière de salaires et de conditions de travail.

L’OGBL demande dès lors que le financement public prévu par cette réforme soit lié à une convergence des conditions de travail avec le reste du secteur.

La réforme prévoit une augmentation substantielle du financement public accordé principalement aux crèches et foyers privés à but lucratif, sans qu’aucune condition ne soit imposée en matière de conditions de travail.

Dans les crèches privées, les salariés sont rémunérés encore aujourd’hui majoritairement au salaire social minimum. Cette situation a conduit, au cours des dernières années, à un clivage entre le secteur public et associatif, largement couvert par la convention collective SAS, et le secteur privé, où les conditions de travail sont nettement moins favorables.

Pourtant, les salariés du secteur privé doivent disposer des mêmes qualifications et accomplissent le même travail. Les exigences de l’État en matière de qualité de l’accueil sont également alignées, à travers cette réforme, sur celles du secteur public et associatif. Cet alignement ne concerne toutefois que la qualité de la prestation de service et ignore totalement les conditions de travail.

Avec cette réforme, qui devrait entrer en vigueur en 2027, l’État investira jusqu’en 2030 environ 150 millions d’euros par an dans le secteur privé. Les salariés qui font vivre ce secteur au quotidien ne verront cependant aucune amélioration de leurs salaires ni de leurs conditions de travail.

La méthode utilisée pour élaborer cette réforme est particulièrement problématique. Le ministère de l’Éducation nationale, de l’Enfance et de la Jeunesse a consulté exclusivement les représentants patronaux des secteurs public, associatif et privé. À aucun moment les salariés concernés ou leurs représentants n’ont été associés à ce processus.

L’OGBL a lui-même dû solliciter une entrevue auprès du ministère. Lors du premier rendez-vous, le ministre n’a pas jugé nécessaire d’être présent, ce qui a empêché tout véritable échange politique.

Lors de la seconde entrevue, qui s’est tenue le 17 juin, le ministère a clairement indiqué qu’il ne considérait pas qu’il lui appartenait d’imposer des exigences en matière de conditions de travail dans un secteur qu’il s’apprête pourtant à soutenir à hauteur de centaines de millions d’euros d’argent public.

Pour l’OGBL, cette situation est inacceptable. Les fonds publics ne doivent pas servir à maintenir et à renforcer le système à deux vitesses qui existe aujourd’hui dans le secteur de l’accueil de l’enfance au Luxembourg.

C’est pourquoi le syndicat Santé, Services sociaux et éducatifs de l’OGBL demande que le projet de loi soit modifié afin que le financement prévu par cette réforme soit conditionné à l’obligation de négocier une convention collective sectorielle et d’aligner les conditions de travail sur celles du reste du secteur.

Communiqué par le syndicat Santé, Services sociaux et éducatifs de l’OGBL,
le 25 juin 2026