Mise au point

Moins de spectacle, plus d’actes

Assez de discours & de mise en scène.

Sur le salaire social minimum, la réalité est claire: pendant que certains communiquent, les salariés concernés, eux, subissent. Depuis des semaines, leur travail est publiquement dévalorisé, réduit à un coût à contenir, comme si celles et ceux qui font tourner ce pays ne méritaient ni respect ni reconnaissance. Cette dérive est inacceptable.

Mais au-delà des propos, c’est surtout la méthode qui pose problème. Des décisions sont prises sans concertation réelle, en contournant les syndicats. Ce passage en force fragilise directement — et de nouveau — le dialogue social et remet en cause un équilibre essentiel de notre modèle.

Dans le même temps, le salaire social minimum est directement attaqué. Sous couvert de débats techniques ou économiques, c’est en réalité sa légitimité même qui est remise en cause. Derrière ces discours, c’est une vision dangereuse qui s’installe: celle qui consiste à considérer les salariés les plus modestes comme une variable d’ajustement. Nous le disons clairement: toucher au SSM, c’est s’attaquer à un pilier de la justice sociale dans notre pays.

Et ce n’est pas tout. Avec le retour de l’inflation, c’est aussi le mécanisme d’indexation des salaires qui se retrouve à nouveau dans le viseur. Là encore, certains cherchent à en limiter la portée ou à en affaiblir le fonctionnement. Ce serait une erreur grave. L’index n’est pas un privilège, c’est une protection essentielle du pouvoir d’achat. Le remettre en cause, c’est faire payer aux salariés le prix des crises qu’ils ne provoquent pas.

Cette situation s’inscrit dans un contexte plus large où, après 100 jours du «nouveau» ministre du Travail, les réponses concrètes se font toujours attendre sur des dossiers majeurs: la régulation du travail de plateforme, l’organisation du temps de travail, la réforme du reclassement professionnel ou encore la sécurisation des parcours face aux transformations économiques. Sur tous ces sujets, les salariés n’ont pas besoin de déclarations supplémentaires, mais de décisions claires, datées et applicables.

Ce qui se joue aujourd’hui est un choix politique. Continuer à temporiser, à décider sans concertation et à privilégier la communication revient à affaiblir la confiance et à faire peser les ajustements sur celles et ceux qui ont déjà le moins de marge.

Dans ce contexte, le 1er mai doit être un moment de mobilisation fort. Un moment pour rappeler que le travail mérite respect, que le dialogue social ne se contourne pas et que les droits des salariés ne se décident pas à huis clos. Les salariés et leurs familles attendent des actes, pas des promesses.

L’OGBL — et l’Union des syndicats OGBL-LCGB — reste prêt au dialogue, mais pas à n’importe quelles conditions. La balle est désormais dans le camp du gouvernement. Il est temps de répondre, clairement et concrètement. Si on ne nous écoute pas à la table des négociations, on nous entendra dans la rue.

Moins de spectacle. Plus d’actes.

Nora Back, présidente de l’OGBL