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L‘industrie représente un emploi sur neuf

ouvriers

Lait et métal, verre et caoutchouc, calcaire et plastique – l’industrie affiche une variété impressionnante au Luxembourg. Selon l’Institut national de la statistique (Statec), on dénombre au total 926 entreprises dans l’industrie au Grand-Duché.

Ce chiffre est resté relativement stable au cours des dernières années. Parmi les grandes entreprises actives sur le territoire en 2020, on peut citer ArcelorMittal, avec environ 3.500 salariés, ou Goodyear avec 3.400 salariés, mais aussi Ceratizit avec près de 1.100 salariés, Dupont avec 900, Husky (850), I.E.E. (700) ou Rotarex (500), sans oublier l’industrie laitière avec Luxlait, qui emploie plus de 300 personnes. Le secteur abrite également des dizaines de petites et moyennes entreprises.

Au deuxième trimestre 2020, 37.362 personnes au total étaient employées dans une entreprise de l’industrie. Si l’on y ajoute les sous-traitants et fournisseurs de services pour l’industrie, on obtient un chiffre encore plus élevé. À titre de comparaison: le secteur de la finance emploie environ 51.000 personnes. Cela signifie que l’industrie assure près d’un emploi sur neuf dans le pays. L’industrie manufacturière représente donc l’un des secteurs les plus importants au Grand-Duché. En comparaison avec le deuxième trimestre 2018, le nombre de personnes employées dans l’industrie luxembourgeoise affiche même une légère hausse de 133 emplois, soit 0,4 pour cent.

Le chiffre d’affaire affiche une hausse de 6 pour cent

Et l’industrie se porte bien. Entre 2016 et 2018 seulement, son chiffre d’affaire total a augmenté de 6 pour cent d’après le Statec. Il est vrai que la crise liée au coronavirus a entrainé une légère baisse des commandes et de la production, mais les perspectives restent très encourageantes, comme on peut le lire dans l’édition d’octobre 2020 du Conjoncture Flash de l’Institut national de la statistique. Il indique que près de 70 pour cent des entreprises de l’industrie signalent actuellement que leur production est en hausse ou reste stable. Les prévisions sont encore plus optimistes. En effet, près de 90 pour cent des entreprises prévoient un volume de production en hausse ou stable à l’avenir. De plus, 76 pour cent prévoient un nombre d’emplois en hausse ou stable. Même s’il faut rester prudent par rapport à ces nombres étant donné la situation actuelle, ils représentent néanmoins un bon signe.

En ce qui concerne le coût du travail par heure, le Grand-Duché se situe plutôt dans la moyenne européenne. Selon une étude menée par le centre d’étude allemand « Institut der deutschen Wirtschaft », une heure de travail dans l’industrie coûte 31,27 euros au Luxembourg, contre 34,99 euros aux Pays-Bas. En France, une heure de travail coûte 37,47 euros, 38,99 euros en Allemagne et atteint 43,20 euros en Belgique. Le coût d’une heure de travail est donc près de 25 pour cent plus élevé en Allemagne qu’au Luxembourg et même 38 pour cent plus élevé en Belgique. L’industrie du Grand-Duché possède donc une marge de manœuvre largement suffisante pour permettre aux salaires d’évoluer vers le haut.

90 conventions collectives pour 30.000 salariés

L’OGBL négocie 90 conventions collectives au total dans le secteur de l’industrie. Elles permettent à près de 30.000 salariés de profiter de meilleures conditions de travail et de salaires plus élevés. Les entreprises sans convention collective n’offrent bien souvent que le minimum légal, par exemple le  salaire social minimum ou 26 jours de congé par an. Les grilles de salaires négociées dans le cadre des conventions collectives, par contre, garantissent une augmentation continue des revenus et offrent bien souvent un salaire d’embauche qui est déjà nettement supérieur au salaire minimum. Nos conventions collectives garantissent également des avantages supplémentaires, telles qu’un pécule de vacances, un 13e mois de salaire, des paiements exceptionnels et des primes, ainsi que des jours de congé supplémentaires.

Cependant, il existe encore de nombreuses entreprises qui n’ont toujours pas signé de convention collective. Cela signifie que, dans l’industrie au Luxembourg, plus de 7.000 salariés n’ont pas la possibilité de profiter des avantages d’une convention collective. C’est la raison pour laquelle un des objectifs principaux des syndicats de l’industrie au sein de l’OGBL est d’introduire des conventions collectives dans les entreprises qui n’en disposent toujours pas.

Selon les chiffres du Ministère français du Travail, les salariés français travaillent en moyenne 35,6 heures par semaine. En Allemagne de l’ouest, la semaine de 35 heures est en vigueur dans les secteurs de la métallurgie ainsi que de l’électricité et de l’électronique, avec la possibilité de réduire la charge de travail jusqu’à 28 heures. En Belgique, la semaine de travail est de 38 heures, même si on y travaille souvent 40 heures. Cependant, ces deux heures supplémentaires de travail sont compensées par 12 jours de congé supplémentaires.

Au Luxembourg, la semaine de travail dans l’industrie compte 40 heures pour un salarié à temps plein. Cependant, le nombre réel d’heures de travail est nettement plus élevé.
Selon une étude menée en 2019 par la CSL en collaboration avec l’Université du Luxembourg, ce nombre atteint 42,8 heures en moyenne. En 2013, la moyenne se situait encore à 42,5, soit 0,3 heures de moins.

L’industrie se remet du choc causé par le coronavirus

La production industrielle au Luxembourg se remet très rapidement du choc causé par le coronavirus. En avril, le volume de production par jour de travail était encore 32 pour cent inférieur aux chiffres de la même période l’année précédente, et cette différence représentait encore 22 pour cent en mai. Cependant, en juillet, la différence n’était plus que de 8,8 pour cent par rapport au même mois l’année passée, comme on peut le lire dans le numéro d’octobre du Conjoncture Flash du Statec. Il faut préciser qu’une grosse partie de ce recul est due au chômage partiel et aux arrêts de travail pour maladie causés par le coronavirus.

En septembre, la production industrielle n’était plus que 2,4 pour cent inférieure au niveau de l’année précédente. Si la reprise continue à cette allure, l’industrie au Luxembourg pourrait bien rattraper le niveau atteint avant la crise liée au coronavirus avant la fin de l’année. L’humeur est donc à l’optimisme du côté des directions selon le Statec. La hausse prévue de la production dans l’industrie au Grand-Duché serait la plus haute depuis deux ans, et le niveau des stocks baissent de manière visible, soit un bon signe de reprise économique. Les carnets de commandes des entreprises sont également bien remplis et ont presque rattrapé le niveau du début de l’année. Étant donné ces développements, l’OGBL reste prudent, mais est optimiste en ce qui concerne la reprise économique dans l’industrie au Luxembourg.


L’OGBL négocie 90 conventions collectives au total.
Elles permettent à près de 30.000 salariés de profiter de meilleures conditions de travail et de salaires plus élevés.


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