• Home
  •  | 
  • Le temps de travail est temps de vie

Le temps de travail est temps de vie

illustration_temps_de_travailLe 31 décembre 2015, le plan national pour l’emploi – ce qu’on appelle la loi PAN – va arriver à échéance et devra à nouveau être renouvelé. Ceci concerne tout particulièrement les dispositions en matière de réglementation du temps de travail. A travers la loi PAN ont été introduites en 1999 une période de référence de quatre semaines ainsi que la possibilité d’étendre les périodes de référence par le biais de convention collective ou par arrêté ministériel. L’objectif était clairement d’augmenter la productivité pour les entreprises. En même temps, il était annoncé à l’époque que la flexibilisation du temps de travail mènerait à une réduction du temps de travail et à une augmentation du nombre de conventions collectives.

Tout ceci en est resté au stade de promesses.

La flexibilisation rendue possible grâce à la loi PAN s’oppose aux intérêts et aux besoins des salariés. Les horaires fixes de travail sont devenus de plus en plus rares.  La responsabilité individuelle, la flexibilité accrue,  l’intensification des efforts et l’effacement des limites entourant le temps de travail, c. à d. la dilution croissante de la séparation entre vie professionnelle et vie privée, font désormais partie du quotidien  des salariés. Ceci au détriment de leur santé et de leur qualité de vie.

Parallèlement, le taux d’emploi a fortement augmenté au Luxembourg. Les taux élevés d’emploi ont pour conséquence que vie professionnelle et vie familiale sont de plus en plus difficiles à concilier.

Tout le monde sait aussi que la législation portant sur les plans d’organisation du travail n’a jamais fonctionné, ne serait-ce en germes. Elle a entraîné avant tout une augmentation de la flexibilité, pendant que les salariés se sont fait extorquer leur majoration pour heures supplémentaires prestées.

A côté du «laisser-faire» en matière d’organisation du temps de travail, il faut également souligner que la durée du temps de travail au Luxembourg est une des plus élevées en Europe. Il n’y a qu’en Roumanie où la durée de travail hebdomadaire est encore plus longue. Malgré cette situation, l’UEL souhaite flexibiliser encore davantage le temps de travail afin d’accroître encore davantage la productivité.

Or, le Luxembourg est depuis longtemps leader en ce qui concerne l’évolution de la productivité. Mais cela n’est toujours pas suffisant pour l’UEL.

La situation dans les entreprises n’est plus tenable et doit enfin être réformée dans l’intérêt des salariés.

illustration_temps_de_travail_reunion

Pendant que le patronat continue de répéter ses revendications de façon incantatoire en vue de davantage de flexibilité, le ministère du Travail n’a pas encore fait une seule proposition qui prendrait en compte, ne serait-ce que partiellement, les intérêts des salariés. Au contraire.

Cette attitude est inacceptable pour l’OGBL. Il n’est pas pensable que la discussion portant sur l’organisation du temps de travail, ayant pour objectif de réformer une loi qui est déjà en soi mauvaise, n’accouche d’une loi encore pire.

Il y a suffisamment de marges de manœuvre économiques pour ce que revendique l’OGBL, à savoir une réduction progressive du temps de travail sans perte de salaire. C’est désormais au gouvernement d’agir.

tableau_nombre_heures_prestees_pays_fr


Ce que revendique l’OGBL

  • Les périodes de référence actuelles doivent être révisées. La législation relative à l’établissement des plans d’organisation du travail (POT) est très imprécise et conduit donc à de nombreux conflits et abus. Elle doit être à nouveau adaptée.
  • L’introduction de périodes de référence plus longues ne doit être rendue possible que dans le cadre de conventions collectives. La pratique actuelle des arrêtés ministériels autorisant de plus longues périodes de référence en dehors d’accords conclus entre syndicats et employeurs doit être abolie. L’OGBL s’oppose fermement à la proposition du ministre du Travail visant à permettre des «accords» au niveau des entreprises sans que les syndicats y soient associés – ce qui reviendrait donc à contourner la loi sur les conventions collectives, ce qui est inacceptable.
  • L’horaire mobile doit améliorer l’autonomie des salariés dans l’aménagement de leur horaire et ne doit pas pouvoir être perverti en vue de rendre encore plus flexible le temps de travail au profit de l’entreprise. A cette fin, les dispositions régissant le modèle sur lequel repose l’horaire mobile doivent être davantage clarifiées.
  • Des dispositions plus précises en matière de plans d’organisation du travail et d’horaire mobile doivent faire en sorte que les heures supplémentaires soient à nouveau reconnues et rémunérées en tant que telles.
  • Les possibilités de cogestion doivent être fondamentalement améliorées lors de la mise en place de modèles d’horaires mobiles ou de plans d‘organisation du travail.
  • L’introduction de la 6e semaine de congé légal doit être transposée le plus rapidement possible comme première mesure.

Le temps de travail au Luxembourg (vidéo de la conférence de presse – 29 octobre 2015)

Au lendemain de cette conférence de presse, le gouvernement a annoncé qu’au 1er janvier 2016, l’actuelle législation en matière d’organisation du temps de travail (loi PAN) serait reconduite d’un an. Les analyses et les revendications de l’OGBL restent toutefois d’actualités, d’autant plus que les discussions portant sur une future réforme de la loi PAN se poursuivent entre le gouvernement et les partenaires sociaux.

Les commentaires sont fermés.