29 Mai 2018

Vers un conflit social dans la recherche publique?

L’accord collectif de travail du LISER devant l’Office national de conciliation

liserCe 30 mai aura lieu la première réunion à l’Office national de conciliation (ONC) au sujet de l’accord collectif de travail pour les salariés du LISER (Luxembourg Institute of Socio-Economic Research, ancien CEPS/INSTEAD). Le litige concerne la partie «carrières et rémunérations» de ce premier accord collectif, qui est en fait un accord subordonné de la convention-cadre pour les centres de recherche publics.

C’est la première fois qu’une procédure de ce type est engagée dans le secteur de la recherche publique au Luxembourg. La saisine de l’ONC fait suite à l’assemblée plénière du personnel du LISER du 28 novembre 2017, lors de laquelle le personnel a donné un mandat clair à l’OGBL d’aller dans cette voie, si la direction persistait à vouloir détériorer les grilles salariales.

En effet, l’année dernière, la direction du LISER a proposé la mise en place d’un nouveau système de rémunération, qui non seulement serait lié, du moins en partie, à l’évaluation annuelle de la performance individuelle, mais qui comprendrait également de fortes baisses des futurs salaires d’entrée et de fin de carrière pour pratiquement toutes les carrières, ayant comme conséquence un gel des salaires pour la majeure partie du personnel.

A la suite de l’assemblée plénière du personnel, deux réunions de négociation entre l’OGBL et la direction ont mené à une révision à la hausse de la proposition patronale, du moins pour certains montants. Malgré cela, la dernière proposition de la direction comprend toujours des baisses conséquentes (souvent supérieures à 10%) des salaires d’entrée et de fin de carrière pour la plupart des carrières. Selon l’argumentation de la direction, cela serait contrebalancé par une amélioration des possibilités de progression en interne. Or, force est de constater que pour la plupart des catégories, il ne faudrait pas une, mais deux promotions en interne pour arriver à un salaire de fin de carrière comparable à celui atteignable actuellement par la seule progression due à l’ancienneté acquise dans la fonction.

L’OGBL ne s’oppose évidemment pas à de meilleures possibilités de développement de carrière et à un soutien à la formation professionnelle continue, mais cela ne doit pas se traduire par une baisse des perspectives d’évolution salariale. Il s’ajoute qu’une partie de l’évolution salariale serait liée à l’avenir, selon la proposition patronale, à l’évaluation annuelle de la performance, même si les détails (pourcentage de l’augmentation liée à la performance, procédure, critères) restent toujours flous. En tout cas, l’OGBL n’est pas demandeur d’un tel système, qui est peu adapté aux métiers de la recherche et s’est souvent avéré contreproductif pour le climat de travail et la productivité. En tout cas, de meilleures conditions de travail et possibilités de promotion en interne sont des incitatifs plus forts qu’une augmentation liée à la performance individuelle.

Ajoutons que cette proposition de détérioration des grilles salariales intervient alors que:

  • la valeur du point n’a plus été augmentée (hors index) depuis 2009
  • la «productivité» du LISER en termes de résultats de recherche est en hausse
  • le budget du LISER sera augmenté considérablement dans le cadre de la convention pluriannuelle 2018-2021 (47,07 millions d’euros, soit une hausse de quelque 13% par rapport à la convention pluriannuelle de 2014-2017)

En tout état de cause, l’objectif de l’introduction d’un accord collectif ne peut consister en une baisse des perspectives d’évolution salariale, mais au contraire doit garantir et améliorer les conditions de travail et de rémunération de l’ensemble du personnel.

Par conséquent, l’OGBL espère que la procédure prévue par le législateur pourra contribuer à trouver encore des possibilités pour parvenir à un accord allant dans ce sens et à sauvegarder la paix sociale à l’intérieur de l’établissement.

Dans le cas contraire, et conformément à la volonté clairement exprimée par l’assemblée plénière du personnel, des actions syndicales sont à prévoir, ce qui serait également une première pour le secteur.

Communiqué par le syndicat Education et Sciences (SEW) de l’OGBL
le 29 mai 2018

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