3 décembre 2019

L’OGBL a rencontré le nouveau ministre du Logement

Les réponses à apporter à la crise du logement

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Une délégation de l’OGBL conduite par son président, André Roeltgen, a été reçue récemment par le nouveau ministre du Logement, Henri Kox. Cette entrevue avait été sollicitée par l’OGBL afin d’avoir un premier échange de vues avec le nouveau membre de l’exécutif quant aux mesures qu’il compte prendre pour répondre à la crise du logement que connait le Luxembourg depuis un certain nombre d’années déjà, mais également pour lui soumettre ses propres propositions en la matière.

Pour l’OGBL, l’accès au logement est devenu aujourd’hui le problème numéro 1 rencontré au Luxembourg, alors même que pouvoir se loger constitue pourtant un droit fondamental. Et force est de constater, comme le déplore lourdement l’OGBL, qu’aucun gouvernement jusqu’à présent n’a pris le problème à bras le corps et mis en œuvre une politique sérieuse et volontariste visant à enrayer la flambée des prix et des loyers qui se poursuit inexorablement au Luxembourg. Ces derniers ont en effet augmenté deux fois plus vite que le salaire moyen au cours des 12 dernières années. Une évolution qui se traduit pour les ménages par une amputation de plus en plus importante de leur pouvoir d’achat. Pour l’OGBL, qui a décrété l’état d’urgence en la matière, il est urgent que le gouvernement prenne enfin des mesures appropriées à la hauteur du défi que pose aujourd’hui la difficulté d’accéder à un logement.

Le ministre du Logement a assuré qu’il partage entièrement le constat de l’OGBL quant à la gravité de la situation actuelle et s’est également dit déterminé à agir.

Mais quelles sont les solutions envisageables, concrètement? Pour l’OGBL, il est clair qu’une augmentation de l’offre de logements à elle seule – même si elle est absolument nécessaire –  ne résoudra rien si, parallèlement, l’Etat ne se donne pas les moyens de lutter efficacement contre la spéculation immobilière, véritable cause de la flambée des prix et des loyers dans le pays. L’OGBL revendique dans ce contexte l’introduction d’un régime progressif en matière d’impôt foncier visant à rendre l’accumulation de terrains et de logements tout simplement inintéressant et même dissuasif d’un point de vue spéculatif, tout en ne pénalisant pas ceux qui sont propriétaires de leur propre logement ou qui possèdent par ailleurs un second logement. L’objectif étant de lutter contre la spéculation et de favoriser en même temps l’acquisition d’un logement personnel.

Dans le même ordre d’idées, l’OGBL revendique également que l’Etat entreprenne quelque chose contre l’usage scandaleux qui est fait des fonds d’investissements spécialisés (FIS) dans le secteur immobilier. Un instrument que se réservent quelques «magnats» de l’immobilier et qui leur permet d’échapper presque totalement à toute forme d’imposition en leur assurant des rentes spéculatives vertigineuses sur le dos de la population.

L’OGBL revendique par ailleurs: un plafonnement effectif des loyers, une réforme de la subvention de loyer, un renforcement des aides en faveur de l’efficacité énergétique, une augmentation considérable de l’offre de logements sociaux ou encore des investissements plus importants du Fonds de compensation dans le logement locatif à prix modéré.

Le ministre du Logement a, pour sa part, fait savoir que ses services sont actuellement en train d’analyser toutes les pistes envisageables, également celles dont l’éventuelle mise en œuvre impliquerait d’autres ministères que le sien, comme par exemple le ministère de l’Intérieur en ce qui concerne l’impôt foncier ou le ministère des Finances pour tout ce qui relève plus généralement de la fiscalité. Il a toutefois précisé que dans un premier temps, il a l’intention de se concentrer sur des mesures relevant plus directement de ses compétences, pouvant être mises en œuvre rapidement.

De manière générale, le ministre du Logement souhaite «changer de paradigme», en renforçant l’offre et non plus la demande comme cela a été le cas au cours des 40 dernières années. Parmi ses priorités figurent ainsi la mise sur le marché par les autorités publiques de davantage de logements locatifs abordables pour les personnes à revenus moyens et faibles. Pour ce faire, le ministre envisage à court et moyen terme d’accroitre considérablement la surface de terrains habitables appartenant aux pouvoirs publics (Etat et communes).

Le ministre prévoit ensuite une révision du «Pacte Logement» passé avec les communes, visant notamment à introduire des critères plus stricts en ce qui concerne le financement dont peuvent bénéficier les communes dans ce contexte et la destination des logements qu’elles mettent sur le marché.

Le ministre prévoit également une refonte totale de la loi relative à l’aide au logement. Une réforme dont l’un des objectifs vise notamment à étendre le seuil maximum de revenus des ménages pouvant bénéficier d’une aide d’Etat.

Enfin le ministre a indiqué avoir entamé une analyse, en collaboration avec le ministère de l’Intérieur, sur l’opportunité d’introduire sur le plan national une taxe sur la rétention de logements vides.

Le ministre du Logement et l’OGBL ont convenu de se revoir régulièrement au cours de la législature afin de poursuivre ce premier échange constructif.

Communiqué par l’OGBL
le 3 décembre 2019   



>> Lire notre dossier « Logement: état d’urgence »
 

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