27 octobre 2021

L’explosion des prix de l’énergie ne peut pas être combattue avec des aumônes

Worried Senior Couple Sitting On Sofa Looking At Bills

La flambée des prix de l’énergie continue sans relâche. Et même si le gouvernement prétend que le problème serait moins aigu au Luxembourg que dans d’autres pays européens, les chiffres d’Eurostat montrent le contraire. En fait, en ce qui concerne les carburants, le Luxembourg a connu la hausse la plus importante de tous les pays de l’Union européenne – une augmentation de 31% entre septembre 2020 et septembre 2021. Il s’ajoute l’explosion des prix du gaz, que le Ministère de l’Énergie évalue lui-même à 31% (prix absolu) depuis janvier 2021.

Cette hausse faramineuse frappe tout particulièrement les ménages à bas et moyens revenus, qui sont déjà lourdement mis à contribution par l’explosion des coûts du logement et les pertes encourues dans le contexte de la pandémie.

Que fait le gouvernement dans cette situation? Il s’allie sur le plan européen aux pays nordiques et germanophones qui bloquent toute discussion sur une réforme du marché intérieur européen du gaz et de l’électricité.

La seule mesure avancée par le gouvernement est l’augmentation annoncée de l’allocation de vie chère de 200€ pour l’année 2022. Or, cette hausse ne couvre en réalité même pas la perte en valeur encourue par les bénéficiaires en raison de la non-adaptation de cette allocation à l’évolution des prix pendant plus d’une décennie – de 2009 à 2020.

En 2020, le gouvernement avait décidé de doubler temporairement le montant de l’allocation en raison de la pandémie du Covid-19. L’OGBL appelle le gouvernement de répéter cette mesure pour 2022, au vu du lourd impact actuel sur le pouvoir d’achat.

Par ailleurs, il y a lieu de relever les seuils pour pouvoir bénéficier de l’allocation de vie chère à la hausse, à un moment où une part croissante de la population a de plus en plus de mal à joindre les deux bouts.

Ensuite, l’OGBL demande des annonces claires par rapport à l’adaptation des crédits d’impôts introduits comme mesure de compensation sociale à la taxe CO2 lors de chaque augmentation de celle-ci. Dans le contexte actuel d’une explosion des prix de carburants à un moment où la grande majorité des travailleurs dépendent encore de leur voiture à combustion, il faudrait reporter la prochaine hausse prévue de la taxe CO2 à plus tard, en attendant une accalmie de l’évolution des prix.

Finalement, un plafonnement des prix ne doit plus être un tabou. Beaucoup de pays ont pris des mesures à cet égard. La France a introduit un «bouclier tarifaire», l’Espagne plafonne temporairement les bénéfices des fournisseurs d’électricité. Le Luxembourg fait presque cavalier seul en se limitant à une aumône de 200 € pour les personnes les plus démunies. Il faut au contraire rompre enfin avec la logique néolibérale et revenir à une intervention de la main publique sur l’évolution des prix de l’énergie.

La situation actuelle montre les limites de la politique de la privatisation et de libéralisation des 30 dernières années. Il faut un changement de cap. La nécessaire transition énergétique écologique, que l’OGBL soutient, ne peut se faire dans de telles conditions, si on veut éviter qu’elle crée en même temps de nouvelles fractures sociales et précarise encore davantage une partie de la population.

Communiqué par l’OGBL
le 27 octobre 2021

 

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