7 décembre 2011

Les actions du SEW et de l’APESS plébiscitées le 1er décembre

Le SEW/OGBL et l’APESS tiennent à remercier chaleureusement tous les professeurs, instituteurs et éducateurs qui ont rejoint le Centre Atert jeudi, le 1er décembre, pour protester contre les réformes dans l’éducation nationale et la fonction publique. L’affluence a largement dépassé les attentes en faisant déborder la salle et cette présence massive a fait naître l’espoir de pouvoir sauver l’école publique du naufrage.

Forts de la présence de plusieurs milliers de collègues, les représentants du SEW et de l’APESS qui ont pris la parole ont demandé que la ministre de l’Education nationale s’abstienne de présenter un texte de loi sur la réforme du secondaire, mais qu’elle engage au contraire un vrai dialogue sans a priori. Nous regrettons que Madame Delvaux ait persisté à publier le 5 décembre une « proposition de texte d’une loi sur l’enseignement secondaire », qui ne tient nullement compte de nos objections principales, en substance:

  • la promotion automatique entre les classes de 7e et de 6e (respectivement 7e et 8e) ;
  • la subdivision des classes supérieures en deux dominantes ;
  • l’avenir toujours incertain de l’enseignement des arts ;
  • l’envergure du travail personnel en classe de 2e/12e ;
  • le caractère nébuleux de l’évaluation par compétences.

Dans une lettre qui a été adressée à la ministre de l’Education nationale, l’APESS et le SEW ont refusé une fois de plus le texte de la réforme dans sa version actuelle et ils lui ont demandé d’accorder une entrevue à une délégation conjointe des deux syndicats en vue d’une discussion de fond et sans a priori.

Les 3.500 collègues à la fois de l’enseignement fondamental et secondaire réunis dans les salles combles du Centre Atert ont aussi plébiscité l’option du SEW et de l’APESS consistant à rejeter catégoriquement l’avant-projet de réforme du statut du fonctionnaire.
Ils ont clairement fait savoir qu’ils ne veulent pas de stages dont le seul but consiste à réduire les indemnités des stagiaires ; qu’ils ne veulent pas de la hiérarchisation de leurs carrières ; qu’ils ne veulent pas d’un système d’évaluation surréaliste, dont certains critères rappellent la loi muselière de 1937 ; qu’ils ne veulent pas d’entretiens et de rapports de progression, ni de niveaux de performance, ni d’un « new public management » préconisé par l’OCDE, qui constitue le fil rouge de cet avant-projet, visant à « motiver » les fonctionnaires par la peur des sanctions et la soif des récompenses et à transformer le service public en entreprise privée.

Une lettre dans ce sens a été envoyée au ministre de la Fonction publique, dans laquelle l’APESS et le SEW lui ont demandé de retirer son projet de réforme.

L’APESS et le SEW se réjouissent du fait que la CGFP, sans aucun doute poussée par le mouvement de protestation massif que nos deux syndicats ont initié au cours du mois passé, semble enfin sortir de sa torpeur et prendre ses distances par rapport à l’avant-projet de loi de réforme de la Fonction publique.

En revanche, d’une part, ils jugent tout à fait déplacé le reproche qu’ils feraient indûment
l’amalgame entre le projet de réforme du secondaire et celui de la fonction publique, reproche qui leur a été fait à plusieurs reprises par le président de la Feduse. En effet, tout au long des réunions d’information et du Grand Meeting du Centre Atert, ils ont montré les liens fondamentaux qui existent entre ces deux projets. Issus tous les deux du berceau libéral de l’OCDE, les deux projets en portent les marques communes : la gestion par objectifs triennale qui est inscrite dans la réforme de la fonction publique et qu’on retrouve dans le plan de développement scolaire de la réforme du secondaire ; les procédures d’évaluation par compétences comparables dans les deux projets, l’esprit de concurrence néfaste suscité entre fonctionnaires et entre lycées, pour n’en citer que ces trois-là.

D’autre part ils ne peuvent accepter que le président de la Feduse présente le SEW et l’APESS comme des syndicats irresponsables qui préféreraient la rue à la dure table de négociations. Il faut dire clairement que ni le SEW, ni l’APESS n’ont été admis à participer aux négociations dans le cadre de la réforme de la fonction publique et que l’accord du 15 juillet dont on connaît à présent les séquelles désastreuses a été signé entre le gouvernement et la CGFP.

Si la CGFP se sent à présent flouée par le gouvernement, nous l’invitons cordialement à se joindre à notre mouvement, comme beaucoup de ses membres du SNE et de la Feduse, présents lors de nos manifestations en salle, l’ont déjà fait.

Finalement, la Direction syndicale du SEW et le Comité exécutif de l’APESS appellent toutes et tous leurs collègues à les accompagner dans les réflexions et les discussions difficiles à venir et à rester mobilisés.

Luxembourg , le 7 décembre 2011
La Direction syndicale du SEW/OGBL
Le Comité exécutif de l’APESS

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