15 juillet 2015

Formation professionnelle en échec, décrochage scolaire croissant, manœuvres de privatisation

Le démantèlement à petit feu de l’enseignement public

Apprenti-boisA quand une remise à plat de la formation professionnelle aux conséquences désastreuses pour nos jeunes, à quand une véritable politique scolaire de qualité tirant vers le haut l’enseignement public, seul garant de l’égalité des chances pour tous ?

Contrairement à ce qui était prévu initialement, la réforme de la réforme de la formation professionnelle ne sera pas mise en application à la rentrée 2015/2016. Faut-il s’en réjouir ou plutôt s’en désoler ? Alors que le SEW/OGBL a demandé une remise à plat de toute la réforme, les responsables de la formation professionnelle n’ont proposé que de légers changements qui permettent tout au plus une meilleure organisation dans les lycées sans contribuer à la moindre amélioration qualitative en faveur des élèves.

Alors que les responsables politiques semblent concentrer toute leur énergie à discréditer les enseignants et les responsables syndicaux qui les représentent, la misère, au détriment de toute une génération de jeunes élèves, continue à sévir au sein du régime de la formation professionnelle, sans que ni le grand public, ni les médias ne s’en aperçoivent ni ne s’en offusquent.

Une nouvelle classe dans le régime concomitant – une 13e dans la formation du technicien commercial – est proposée à la va-vite, sans concertation aucune avec les partenaires scolaires. Ni les élèves, ni les parents d’élèves, ni les enseignants, ni les entreprises ne sont correctement informés au sujet de cette nouvelle offre scolaire. Beaucoup de questions restent en suspens, notamment sur la formation en entreprise et le contenu du «projet intégré final» à la fin de l’année scolaire. Celui-ci sera identique pour tous les élèves, qu’ils fréquentent le régime à plein temps ou le nouveau régime concomitant. Les élèves, mal informés, s’en trouvent totalement déboussolés et ne savent plus à quel saint se vouer. Une génération de cobayes, voilà le sort qui leur est réservé.

Les échecs dans le professionnel restent importants, que ce soit au niveau des résultats de fin d’année, des «projets intégrés intermédiaires» ou encore des «projets intégrés finaux». Et là où le MENJE n’arrive plus à cacher des taux d’échecs trop importants, il fait jouer des vices de forme afin de doper le nombre de réussites et donner une chance supplémentaire aux élèves en échec. C’est bien cela qui s’est passé au niveau du projet intégré intermédiaire en classe de 11e du technicien commercial.

Quant au décrochage scolaire, a-t-on entendu un seul de nos responsables politiques déclarer que parmi les victimes de la hausse spectaculaire de ce fléau se trouvent une majorité d’élèves issus de la formation professionnelle? L’analyse des chiffres du décrochage scolaire publiés récemment par le MENJE montre pourtant que les jeunes fréquentant les classes du régime professionnel représentent 50,71 % des décrocheurs scolaires, alors que ces mêmes jeunes ne représentent que 20,04 % de tous les élèves fréquentant l’enseignement secondaire et secondaire technique.

Le SEW dit non à une formation professionnelle qui alimente le nombre des victimes du décrochage scolaire. Il dit non à un enseignement qui se focalise sur la seule employabilité de nos jeunes. Il dit non au bradage et à la privatisation latente de notre enseignement public.

Communiqué par le SEW/OGBL
le 9 juillet 2015

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