14 octobre 2015

Imprimerie Fr. Faber

Les salariés doivent payer les pots cassés

faber

C’est avec une grande stupéfaction que les salariés ainsi que les représentants syndicaux de l’OGBL et du LCGB ont dû constater, que le conseil d’administration de l’imprimerie Fr. Faber a publié, dans la soirée de mardi, un communiqué de presse, qui se réfère à la mauvaise situation financière de l’entreprise et dans lequel a été annoncé un plan de restructuration. Pourtant le conseiller externe avait encore prié, quelques heures auparavant, et cela en présence des membres du conseil d’administration, de la direction de l’entreprise, de la délégation du personnel, des représentants syndicaux et du personnel réuni, d’aborder le sujet avec discrétion et de ne rien en publier pour le moment.

L’assemblée du personnel tourne à la farce

Après deux réunions d’information et de consultation, convoquées à très brève échéance, avec les représentants du personnel et les représentants syndicaux, les responsables d’entreprise avaient convoqué l’après-midi du mardi une réunion d’information pour tout le personnel. Pendant cette réunion étaient évoquées la situation financière délicate de l’entreprise ainsi que les positions respectives des responsables d’entreprise et des représentants du personnel (délégation du personnel et des syndicats).

Un conseiller d’entreprise externe avait analysé pendant trois mois la situation de l’entreprise et a sorti, comme par un tour de magie, LA solution: une baisse massive des salaires. Le personnel devrait cependant pouvoir apporter également son opinion et prendre position; pour cela il était prévu de concéder aux salariés un temps de réflexion d’une journée. Le fait que les responsables n’ont aucune considération pour l’avis du personnel est démontré par le communiqué de presse, publié immédiatement après la réunion, sans attendre la moindre prise de position de la part des salariés.

Les dispositions légales sont à respecter!

Le droit du travail luxembourgeois prévoit dans le cas d’une mauvaise situation financière d’une entreprise que les partenaires sociaux (Direction, représentants du personnel et des syndicats) entament des discussions afin d’analyser la situation et de chercher des solutions possibles.

L’OGBL respectera à la lettre ces dispositions légales et ne va pas entrer dans le jeu de pseudo-discussions ou tomber dans le piège de conclusions erronées ou prématurées.

Pour cette raison, l’OGBL a demandé toutes les informations essentielles à la direction, afin qu’il puisse entrer dans les négociations en connaissance de cause.

En premier lieu il faut maintenant mener des discussions sur le «plan de maintien dans l’emploi», prévu par le législateur. Une autre façon de faire serait erronée et irait en plus à l’encontre du droit du travail.

La direction met la charrue avant les bœufs

Avec l’annonce de vouloir baisser massivement la masse salariale (la totalité du personnel doit se passer de 20% de son salaire et de sa gratification annuelle [13e mois]), et cela à durée indéterminée, la direction tire des conclusions, avant même que le dialogue social n’ait débuté. Ce n’est pas la bonne façon de procéder et elle est en plus extrêmement préoccupante.

L’OGBL mènera d’abord les discussions pour tirer ses conclusions par après, et proposer si possible des mesures pour la sauvegarde des emplois.

Les salariés ne sont pas responsables pour la mauvaise situation financière

Par une baisse de la masse salariale, l’imprimerie Fr. Faber compte économiser environ 660.000 € par année. En même temps le conseiller de l’entreprise soulignait, qu’il ne pouvait donner aucune garantie, que ces mesures allaient sauver l’imprimerie. En clair: plus tard une faillite ne sera pas à exclure.

Le personnel doit donc assumer les erreurs de gestion. Qu’un certain nombre de salariés se trouvent ruinés avec leur famille, cela semble accessoire.

Dans ce contexte, les propos de la présidente du conseil d’administration sont comme un coup de poing dans la figure de tous les salariés: «Nous voulons sauver l’entreprise! Le but est de sauver 75 emplois à Mersch et de faire en sorte qu’une entreprise de tradition luxembourgeoise ne survive».

L’OGBL ainsi que la délégation du personnel ont soutenu depuis plus de deux ans tous les efforts afin de conserver les emplois. Le management a cependant continué à diminuer le rendement de l’entreprise, ce qui est d’autant plus étonnant, que les carnets de commandes sont bien remplis et que les salariés arrivent à peine à gérer le travail!

Nous condamnons avec la plus grande vigueur la façon de procéder des responsables, qui comptent redresser l’entreprise aux frais du personnel et s’attribuer le mérite de sauver des emplois.

L’OGBL exige le strict respect des dispositions, des discussions sérieuses concernant un «plan de maintien dans l’emploi» ainsi que l’élaboration d’un plan de développement avec vision d’avenir pour l’entreprise.

Communiqué par le syndicat OGBL Imprimerie, Médias et Culture – FLTL
le 14 octobre 2015

 

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