29 février 2012

Comité national

Il faut stopper la dégradation du pouvoir d’achat et les attaques contre les salaires et le système d’assurance sociale!

A l’occasion de sa réunion du 28 février 2012, le Comité national a analysé la situation économique et sociale européenne et luxembourgeoise et s’est entre autres penché sur la situation dans plusieurs secteurs économiques comme le bâtiment et l’aviation civile.

Les deux seuls pays de la zone euro qui n’ont pas à craindre une nouvelle récession économique en 2012 sont l’Allemagne et le Luxembourg. La Commission européenne constate au sujet de l’Allemagne que les raisons de leur bonne performance économique en ces temps de crise sont à chercher du côté de la demande intérieure qui est restée élevée. Les consommateurs allemands auraient gardé un haut niveau de pouvoir d’achact grâce à une évolution positive des salaires.

Au Luxembourg, la situation est, dans son ensemble, encore meilleure que la situation allemande, notamment en matière de finances publiques, mais pas une seule journée ne passe sans que les organisations patronales et certains représentants du parti chrétien social (CSV) ne s’attaquent au pouvoir d’achat des salariés, n’attaquent les salaires luxembourgeois. Si effectivement les salaires nets sont plus élevés au Luxembourg que dans les pays limitrophes, le coût des salaires est généralement inférieur car les charges sociales sont nettement plus basses au Luxembourg que dans nos pays voisins.

En plus des faibles charges sociales, les entreprises luxembourgeoises ont obtenu des subventiions de la part de l’Etat de plus d’un milliard d’euros depuis 2006. Et elles continuent à réclamer des aides supplémentaires et le premier ministre voire le ministre des Finances semblent être prêts à les leur accorder sur demande. Dernier cas en date l’idée du subventionnement du salaire minimum. Le patronat, par l’intermédiaire de l’économiste en chef de la Chambre de commerce, a calculé que le salaire minimum luxembourgeois ne valait que 1 080 euros au lieu des 1 800 euros actuels. Il faudrait donc soit le réduire de 40%, soit accorder une subvention aux entreprises qui recruteraient un jeune travailleur au salaire minimum.

Le Comité national de l’OGBL rejette avec la plus grande fermeté ces attaques incessantes sur les salaires, le pouvoir d’achat et la sécurité sociale au Luxembourg.

Car, les mêmes qui demandent la “désindexation” du pays, la réduction des salaires et des prestations voire transferts sociaux, sont par ailleurs opposés à toute augmentation d’impôts ou de cotisations sociales. On ne peut déduire de là qu’une volonté de créer un Etat social à minima. Or, nous savons que sans les transferts sociaux 45% de la population luxembourgeoise seraient menacés de pauvreté. L’OGBL rejette l’idée de mettre en place un système de protection sociale minimaliste. Ceci conduirait inévitablement à une progression importante du taux de pauvreté et à une société marquée par de grandes inégalités.

Comme le vote sur la manipulation du système indiciaire a montré qu’il n y a plus d’opposition réelle dans ce pays contre la politique de dégradation de tout ce qui a fait du Luxembourg un pays prospère et paisible, le Comité national de l’OGBL a donné le feu vert à l’exécutif de l’OGBL d’organiser la riposte par tous les moyens syndicaux possibles et de mobiliser l’opinion publique contre cette politique.

Communiqué par l’OGBL
le 29 février 2012

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