17 mai 2013

Bâtiment

L’OGBL revendique une convention collective de qualité pour des salariés satisfaits et motivés

Le renouvellement de la convention collective du bâtiment est dans l’impasse. La position intransigeante et irresponsable du patronat met en péril la paix sociale dans le secteur de la construction. Les fédérations patronales du bâtiment et génie civil demandent une augmentation et une annualisation du temps de travail et refusent tout dialogue constructif afin d’éviter un conflit social majeur.

Le patronat prétend dans une circulaire affichée ces derniers jours sur les chantiers du Luxembourg vouloir :

  • « pérenniser les entreprises et les emplois »
  • « miser sur un dialogue social constructif entre partenaires sociaux responsables »
  • « une hausse modérée des salaires »
  • « adapter l’organisation du temps de travail afin de travailler plus en été et moins en hiver »
  • et « soulager les finances publiques en modifiant la loi sur le chômage intempéries par une annualisation du temps de travail »

La face cachée des revendications patronales

Le patronat se présente comme interlocuteur sérieux et prêt au dialogue, mais jusqu’au jour d’aujourd’hui il n’a toujours pas transmis de propositions sérieuses et constructives aux syndicats. Pour rappel, la convention collective du « bâtiment et génie civil » est venue à échéance en 2009.

Pour le patronat, une augmentation modérée équivaut à une prime unique et non récurrente de 100€ bruts pour les années 2013, 2014 et 2015. Aucune proposition n’a été faite pour compenser les années 2009, 2010, 2011 et 2012. Cette proposition équivaut donc à une prime unique brute de 42€/an ou 3€/mois pour toute la durée de la convention collective. Les salariés du bâtiment, qui jour après jour créent la richesse de leurs entreprises, méritent une revalorisation sérieuse des salaires qui stagnent depuis 2008.

Avec le système de flexibilité conçu par le patronat, les salariés du secteur de la construction perdraient entre 520€ et 877€ par semaine de récupération, et ceci est intolérable. Avec ce système, la majoration pour heures supplémentaires ne serait plus due puisque le temps de travail serait calculé sur une base annuelle et non plus journalière ou hebdomadaire comme le prévoit la convention collective actuelle.

L’OGBL rappelle qu’une proposition de compte épargne temps de la part des syndicats qui n’engendre aucune perte de pouvoir d’achat et aucune détérioration des conditions de vie a été faite, mais que le patronat a refusé d’en discuter et s’obstine toujours à revendiquer l’annualisation du temps de travail et l’abolition du système actuel de majoration des heures supplémentaires entrainant les pertes de salaires déjà énumérées.

Halte à la politique de la peur !

Le patronat prend comme argument le nombre de faillites en 2012, mais oublie de préciser que le nombre de faillites dans le secteur a diminué de 17% en 2012 par rapport à 2011, que le nombre de nouvelles entreprises a augmenté de 2% en 2012 et que l’emploi a augmenté de 1% (source : Statec).

Ces augmentations significatives et les résultats positifs des bilans des entreprises prouve que le secteur de la construction est dynamique et en bonne santé. L’OGBL est scandalisé par cette politique du catastrophisme ayant comme seul but l’intimidation et la désinformation des salariés.

Afin de mettre fin à cette fausse image de la réalité, l’OGBL mènera une grande campagne d’information afin d’expliquer aux salariés la situation réelle du secteur.

L’OGBL, le garant du vrai dialogue social

En ce qui concerne la volonté du patronat de miser sur le dialogue social, l’OGBL rappelle que ce n’est pas en voulant s’attaquer aux rémunérations des salariés et au temps de travail que le dialogue social peut survivre et demande donc au patronat de retirer sa demande d’annualisation du temps de travail et de faire des propositions aux syndicats qui mènent à des améliorations sérieuses pour les quelque 14000 salariés du secteur.

Nous avons été, nous sommes et nous serons toujours demandeurs d’un dialogue social sérieux et constructif, mais nous refusons de la façon la plus catégorique toute détérioration des conditions de travail pour les salariés du bâtiment et les familles qui en dépendent.

Les salariés de la construction ne sont pas des salariés de 2e classe

L’OGBL en tant que syndicat majoritaire et porte-parole du secteur (OGBL : 67% ; LCGB : 29%), demande à ce que les fédérations patronales respectent les conditions de vie et de rémunération des salariés et qu’elles fassent des propositions sérieuses afin d’améliorer la convention collective actuelle.

L’OGBL prend les responsabilités qui lui incombent et intensifiera sa campagne de mobilisation ces prochaines semaines et est prêt, et ceci avec les salariés du bâtiment, à s’engager avec tous les moyens nécessaires afin de garantir des emplois de qualité et des conditions de vie dignes pour tous les salariés du secteur.

Communiqué par le Syndicat Bâtiment, Artisanat du bâtiment et Construction métallique de l’OGBL
le 17 mai 2013

 

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