• Home
  •  | 
  • 6e Conférence Nationale de l’Immigration 2014 : les immigrés approuvent le programme d’action 2014-2019

6e Conférence Nationale de l’Immigration 2014 : les immigrés approuvent le programme d’action 2014-2019

Plus de 60 délégués, représentant cinq Comités Régionaux, ont participé à cette Conférence qui a approuvé le programme d’action pour les cinq prochaines années, en présence du ministre du Travail, de l’ambassadeur du Portugal, des représentants du mouvement associatif et des Commissions consultatives communales pour l’intégration.

Ce programme traite plusieurs sujets d’actualité en matière politique, économique et sociale.
(voir le document complet).
Nous avons adopté un slogan: «La politique au service du pays et des citoyens».
Nous souhaitons que le gouvernement, les députés, et les politiques n’oublient pas que les travailleurs immigrés forment une partie importante du pays et des citoyens.

La situation des immigrés n’est pas des meilleures. Partout, les travailleurs immigrés sont ceux qui exercent les professions les plus dures, qui ont les salaires les plus bas et les conditions de vie les plus difficiles. En temps de crise, ce sont eux qui sont les plus vulnérables.

Il y a ceux qui parlent, ceux qui prétendent avoir des idées, ceux qui agissent sans réfléchir, parfois traitres. La réalité est pourtant simple: c’est l’OGBL qui, par tous les moyens, défend les droits résultants de notre modèle social contre la volonté de certains partis et de certains politiciens d’agir contre les travailleurs et les pensionnés.

Nous ne pouvons et nous ne voulons pas déposer les armes face au chômage, à la précarisation des relations de travail, au démantèlement des systèmes de protection sociale, à la délocalisation des entreprises, au dumping social et à la privatisation de services publics fondamentaux, comme l’eau, l’électricité et la santé, qui sont des biens de tous!

Les immigrés ont toujours été en première ligne pour défendre les droits de toutes et de tous, contre toute sorte de discrimination, sans distinction de nationalité ou de lieu de résidence.

Les immigrés sont souvent oubliés par la majeure partie des medias. Les radios, les télévisions, les journaux oublient délibérément ou non près de 50% de la population du pays. Ce n’est pas normal, c’est indigne et insupportable!

Nous avons des exigences à faire valoir:
Au sein de l’Union européenne nous constatons que le principe de la liberté de circulation des travailleurs n’a pas la même valeur que les principes de la libre circulation des capitaux ainsi que des marchandises et que la libre prestation de services. Depuis l’adhésion à l’UE du Portugal et de l’Espagne en 1986, le Département des Immigrés s’est toujours montré en désaccord avec les décisions du gouvernement d’utiliser et de prolonger au maximum la période transitoire en matière de libre circulation des travailleurs.

Cette décision n’a aucun fondement, ni démographique, ni économique. Il s’agit uniquement d’une décision idéologique, contraire à toute idée d’une Europe ouverte et solidaire. Nous invitons le gouvernement à abroger cette décision.

Sécurité sociale
Une bonne communication entre les administrations de la Sécurité sociale des différents États membres est un élément essentiel pour garantir les droits de tous ceux et de toutes celles qui exercent leur droit à la libre circulation.
Or, nous constatons malheureusement que cette communication reste encore déficiente et engendre d’énormes problèmes aux travailleurs et leurs familles, ainsi qu’aux pensionnés.

Les institutions de la sécurité sociale portugaise (Centro Nacional de Pensões) ne répondent pas ou répondent très tardivement aux demandes qui leur sont faites par la Caisse Nationale d’Assurance Pension (CNAP) du Luxembourg. Les directions des deux administrations doivent se réunir et trouver les solutions à ces retards récurrents.

Les accords bilatéraux en matière de sécurité sociale avec les pays d’origine des immigrés doivent être révisés, en particulier celui avec le Cap-Vert, afin de les adapter aux nouvelles réalités.

Heures supplémentaires
Le changement intervenu sur le régime des heures supplémentaires n’est pas profitable aux salariés. Le fait de ne pas cotiser pour la sécurité sociale est dangereux et provoque des pertes au niveau de l’indemnité de maladie et du montant de la pension. Nous insistons sur le fait que les heures supplémentaires soient prises en compte pour le calcul des pensions et pour le paiement des indemnités pécuniaires de maladie.

Horeca
Le secteur des hôtels, restaurants et cafés est en expansion constante. Les salaires par contre, restent faibles et les heures de travail réellement prestées dépassent largement les 40 heures par semaine. Un bon nombre d’entreprises du secteur occupent des salariés sans les déclarer à la sécurité sociale, sans payer des cotisations, sans payer des impôts. Le contrôle de l’ITM doit être renforcé, en particulier la nuit.

Invalidité et reclassement professionnel
En matière d’invalidité et de reclassement professionnel, il n’y a que des promesses.
L’indemnité d’attente prévue par la loi doit être limitée dans le temps (une année maximum) et reconduite en pension d’invalidité définitive.
Une bonne partie des demandeurs d’emploi ne sont pas qualifiés, en particulier les immigrés. Des cours de formation professionnelle doivent être prévus et élaborés afin de répondre aux besoins et caractéristiques personnelles de chaque demandeur d’emploi.

Logement: prix élevés, loyers exorbitants
Le logement est un problème majeur pour tous ceux qui arrivent au Luxembourg. Il y a peu de logements disponibles et les prix des loyers sont exagérés. Nous sommes d’avis qu’une réforme de la loi sur le bail à loyer s’impose pour limiter les montants des cautions et des garanties.
Le Fonds du Logement peut et doit construire plus de logements accessibles aux familles plus défavorisées.
Les prix des terrains doivent baisser par la mise à disposition de terrains appartenant à l’État et aux communes.

Accès à la nationalité
La loi de 2008 a permis à des milliers de personnes de devenir des ressortissants luxembourgeois.
Le temps de résidence pour pouvoir accéder à la nationalité doit revenir à cinq années. En tenant compte de leur ancienneté sur le territoire et de leur contribution à la création de la richesse, nous proposons d’inclure dans la loi une nouvelle disposition pour tous ceux et celles qui ont une période de résidence supérieure à 20 ans.

Droit de vote
Pour les élections européennes, seulement les ressortissants des pays membres peuvent voter.
Nous défendons un droit de vote basé sur la résidence (Je vis ici, je vote ici). Par conséquent, nous demandons que le droit de vote lors des élections européennes soit élargi aux ressortissants des pays tiers résidant légalement sur le territoire de l’UE.

Élections législatives
Depuis le Traité de Maastricht, le droit de vote des immigrés a été progressivement approfondi et élargi selon le principe de la résidence. Ce droit de vote basé sur la résidence permet d’élire et d’être éligible lors des élections sociales, communales et européennes.
Une véritable citoyenneté européenne implique néanmoins un développement de ce droit de vote à toutes les élections. Nous sommes d’avis qu’il faut briser le tabou du droit de vote national!
Actuellement les 60 députés sont élus par une minorité de la population active du pays. Plus de 70% des hommes et femmes qui travaillent, qui cotisent et financent le système économique et social n’ont aucun mot à dire sur le choix des députés et par conséquent du gouvernement. Il est temps d’ouvrir un large débat public sur le droit de vote des non-luxembourgeois aux élections législatives: Droit d’élire, droit d’être éligible, conditions de son exercice, quels délais…. etc.

La démocratie, la participation citoyenne, la cohésion sociale seront renforcées par un débat élargi et serein au sein de la Chambre des députés.

Eduardo Dias

Les commentaires sont fermés.